Après un premier volume, Christophe Dauphin poursuit la rédaction d’une véritable contre-histoire féministe de la poésie contemporaine. Il rétablit les femmes, corps, âme et esprit, à leur place, autour de la grande table solaire de l’art. Ce sont 21 nouvelles femmes remarquables qui rayonnent dans ce deuxième volume : Elodia Zaragosa Turki, Annette Zelman, Madeleine Riffaud, Marie José Tramini Paz, Jean McNair, Chantal Spitz, Taslima Nasreen, Kostadinka Kuneva, Oksana Shachko, Katayoun Afifi, Forough Farrokhzâd, Marie Murski, Odile Cohen-Abbas, Violette Krikorian, Catherine Boudet, Joumana Haddad, Paloma Hermina Hidalgo et d’autres encore.
Comme le premier volume, le second propose trois parties : Les femmes de la poésie pour vivre – Pour un soleil de combats – Huit femmes pour un soleil d’aujourd’hui.
Les femmes savent s’emparer de la poésie pour le combat des libertés. La deuxième partie couvre huit décennies de combats, en Allemagne nazie, USA, Iran, Ukraine, Vietnam, Inde… Le thème récurrent en est les violences faites aux femmes et plus largement toutes les formes de violences, discriminations et injustices. Les violences faites aux femmes en sont le marqueur et le révélateur.
« Ce combat, précise Christophe Dauphin, concerne la société tout entière : partout se conjugue oppression, domination et émancipation, mais la situation des femmes n’est pas partout la même. Les luttes féministes diffèrent selon que l’égalité et la liberté sont reconnues au moins en droit, si ce n’est en fait, ou si cette reconnaissance est encore à conquérir. Elles varient selon les situations économiques et sociales, la configuration politique, le poids des religions, des traditions, la force de la domination masculine. Mais cette diversité de situations n’implique pas, contrairement à ce que certaines affirment, qu’il y aurait un féminisme blanc ou noir, ou articulé à une identité religieuse ou nationale. Au Nord, comme au Sud se déploie une rhétorique identitaire qui fige féminité et masculinité au nom des différences culturelles, du respect des traditions, de l’identité nationale ou religieuse. »
La troisième partie met en avant huit femmes dont les œuvres, originales, puissantes, sont autant de voix et de voies de libération. Elles sont lumineuses au milieu des ruines. A propos de Paloma Hermina Hidalgo qui clôt ce « soleil de femmes », Christophe Dauphin dit encore :
« Paloma, c’est la lave humaine d’une poésie volcanique dont la langue provoque des séismes et qui explose des entrailles pour recracher un quotidien imbuvable, certes, mais transcendé, non par Dieu (je veux m’enfouir comme un chien sous les ormes ; toi et ton Dieu êtes une tare, dans un ciel sans objet), mais par une féérie permanente, qui parvient, comme par un exploit, à rendre le monde habitable, entre réel et imaginaire, dans une langue aussi riche que débridée… »
Chacune des femmes présentes dans ce livre est en elle-même un monde à découvrir et un manifeste à entendre. Toutes alertent, nous enseignent et nous éveillent au réel. Elles sont prophétesses, au sens ancien, elles indiquent les chemins qui conduisent à la liberté, pas seulement celle des femmes, mais celle de tout le vivant.
Si Christophe Dauphin revient dans le détail sur l’histoire du féminisme, c’est pour mettre en évidence combien le rapport à la femme, aux femmes, au féminin, constitue la meilleure évaluation de l’état d’une société ou d’une civilisation. Evidemment, le constat est effroyable mais, ces femmes, et toutes les autres, anonymes ou non, sont le sel alchimique qui permet la transmutation. Elles sont notre futur.
Pour un soleil de femmes vol. 2. Christophe Dauphin
Les Hommes sans Epaules Editions, 8 rue Charles Moiroud, 95440 Ecouen –