François Asensi est l’un des rares représentants d’une génération de femmes et d’hommes politiques en voie de disparition, possédant le sens de l’Etat et du service, recherchant l’intégrité malgré les aléas permanents de la vie politique.
Né à Santander en le 1er juin 1945, d’un père espagnol, tailleur de pierre, d’une mère française de lignée espagnole, ouvrière spécialisée, tous les deux engagés avec les combattants républicains contre le pouvoir totalitaire du général Franco. Si François Asensi détaille longuement d’où il vient, c’est afin que le lecteur comprenne bien comment les valeurs qu’il défendra du mieux possible se sont installées en lui dans et par cette Espagne déchirée, de l’anarcho-syndicalisme jusqu’au communisme. Dans les pas de ses parents qui rejoindront la France comme tant d’autres, il deviendra communiste dès ses quinze ans.
Lire les premiers chapitres de ce livre, c’est approcher le mouvement intime des êtres qui se construisent dans l’adversité, comprendre comment les amitiés et les oppositions viscérales se tissent dans les cimetières et les charniers, nourries par le combat contre les injustices.
C’est sur ce socle que François Asensi s’est construit, c’est sur ce socle qu’il rend compte avec distance de son parcours personnel et politique et témoigne de temps forts de la vie politique française.
De 1979 à 1985, à 34 ans, il est élu secrétaire fédéral du Parti Communiste Français de Seine-Saint-Denis, la fédération départementale la plus importante numériquement du pays. Cette nomination ne va pas sans l’inquiéter tant les enjeux sont complexes.
« Le mouvement communiste n’a jamais été constitué, comme on le croit trop souvent, d’un seul bloc, précise-t-il, ni nationalement et encore moins dans le département de la Seine-Saint-Denis ! Je le redis, ni à la base ni dans les directions. Le parti était composé de personnalités aux parcours différents et aux points de vue divers. Et la caractéristique première des militants le plus souvent d’origine ouvrière était la fraternité.
Les communistes étaient avant tout des gens de combat et de fraternité, ils avaient des convictions fortes et ne se comportaient pas comme des béni-oui-oui. Et dans la communauté espagnole encore moins qu’ailleurs. »
En 1984, après l’échec aux élections européennes de Georges Marchais, talonné par Jean-Marie Le Pen, François Asensi, soutenu par de nombreux maires, demande la transformation du PC en « parti révolutionnaire de type nouveau ». C’est l’amorce du déclin du PCF, incapable de se penser. François Asensi sera, avec d’autres, écarté de la direction du PCF, un choc et une incompréhension pour « un enfant de la révolution espagnole ».
Il sut se reconstruire. Devenu député à la suite du décès de Roger Ballanger en janvier 1981 dont il était le suppléant, il sera successivement réélu jusqu’en 2012.
Avec trois autres enfants de membres des Brigades internationales en Espagne, il fondera l’association des Amis des combattants en Espagne républicaine, l’ACER en 1996. Il s’engagera avec constance pour la défense des opprimés, individus ou peuples, des palestiniens aux kurdes, traçant une ligne cohérente du point de vue de sa philosophie personnelle.
En 2023, la fondation The City Mayors classa François Asensi parmi les dix meilleurs maires du monde. Son engagement reste un engagement de terrain ce qui rend son témoignage, quelles que soient les opinions du lecteur, particulièrement précieux dans un monde en décomposition.
Et pourtant communiste !
François Asensi
Editions Télémaque, 92 avenue de France, 75013 Paris
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