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Ceux du Nord. Un livre de photos inédites sur la guerre du Vietnam
Le coup de coeur de Nguyen Dac Nhu-Mai

140 photos inédites des photoreporters du Nord-Vietnam entre 1966 et 1975. Pour la première fois, ces images nous racontent une autre histoire de la guerre du Vietnam.

Mercatique relationnelle et prospective de Ceux du Nord

Pour vous les dévoiler, nous vous invitons à les regarder sous les angles de la mercatique relationnelle et prospective.

Qui sont Ceux du Nord ? Pourquoi Ceux du Sud ont-ils été principalement des reporters étrangers qui, certes, ont gêné la politique américaine de la guerre du sur place ? Quel a été l’impact de ces photos inédites à l’heure où le Vietnam est entré dans le concert des Nations, dans le développement durable de la mondialisation ?

Mercatique relationnelle

Ceux du Nord partent à la guerre avec ces leitmotiv la victoire est au bout du fusil pour chasser l’envahisseur. En effet, à la signature des Accords de Genève, le 20 juillet 1954, deux mois après la chute de Diên Biên Phu, la France a mis fin à sa présence dans le nord. Le pays sera divisé‚ en deux entités à partir d’une frontière établie aux alentours du 17e parallèle. Or, le président Ho Chi Minh dans son discours sur la fin de la guerre entre la France et le Vietnam, aux compatriotes, combattants et cadres du pays tout entier, a bien précisé : « La Conférence de Genève a pris fin. Notre diplomatie vient de remporter une grande victoire. Nous redoublerons d’efforts et de vigilance pour consolider la paix et prévenir les manœuvres de ceux qui seraient tentés de la saboter. Nous lutterons énergiquement pour la tenue des élections générales libres en vue de la réunification nationale ». Cependant, autorisé à se démobiliser sur place, le Vietminh a gardé une influence très grande au sud. Il est resté‚ une menace pour le gouvernement de Saïgon. Celui-ci, tenu à l’écart des accords de Genève, a dénoncé ceux-ci et qualifié le 20 juillet de jour de la honte. Le chef du gouvernement de Saigon, Ngo Dinh Diem, a refusé de procéder aux élections et a fait appel à l’aide les Etats-Unis d’Amérique. C’est ainsi que s’est détournée la perspective d’une réunification pacifique et que s’est creusé au fil des années le fossé entre les deux gouvernements vietnamiens. La rupture des accords de Genève va ouvrir sur une deuxième guerre d’Indochine avec la participation active américaine. Le conflit sera plus meurtrier et plus long que le précédent. L’envahisseur est le yankee qui débarque sur les côtes. Les premiers raids aériens des États-Unis ont commencé dès 1965, sur le Vietnam du Nord et sur les zones contrôlées dans le Sud. Mais les épandages des produits chimiques toxiques dont l’Agent orange/dioxine ont eu lieu de 1961 à 1971 dans le centre et le sud du Vietnam. Ensuite, en 1966, se trouvaient sur le territoire sud-vietnamien 190 000 soldats américains. Malgré l’aide militaire américaine de 550 000 soldats en 1969, avec des bombardements massifs, les Américains et les Vietnamiens du sud étaient incapables de vaincre le Viet công et les forces nord-vietnamiennes [1].

Alors, les gens du Sud alliés à la plus puissante armada américaine ont brisé la paix et le bruit des armes se fait entendre plus fort que jamais à travers la médiatisation. La guerre du Vietnam a été le premier conflit où les journalistes étrangers ont pu travailler sans aucune restriction ni censure. Ainsi des images en faisant le tour du monde ont déclenché un plaidoyer en faveur des gens du Nord de 1966 à 1975.

Patrick Chauvel a rencontré "Ceux du nord" ses confrères d’abord venus l’écouter lors d’une conférence organisée par le Centre culturel français à Hanoi et ensuite à Perpignan (en septembre 2014) pour coéditer son ouvrage. Ces soldats photographes d’en face, qui venaient de l’autre côté du col des nuages avec un matériel primitif après des semaines, des mois de pistes, en vélo, à pied, sous les bombes, ont réussi à rapporter des images magnifiques, malgré des conditions épouvantables. Puis, Michel Puech [2] a écrit : « Quatre d’entre eux sont venus à Perpignan assister à l’exposition phare de la 26è édition du festival Visa pour l’image car la guerre du Vietnam est une des seules guerres qui est racontée par les vaincus. De fait, les photos de cette guerre que l’on connaît sont celles - entre autres - de Phillip Griffith, de Don McCullin, de Gilles Caron, d’Henri Huet ou de Nick Ut. Et ensuite, il y a aussi à travers ces images la confirmation - que l’on croyait souvent n’être que propagande de la présence de tout le peuple au côté des combattants. Omniprésentes sont les femmes. Il est temps que l’on découvre les Viêt-Công, ces guérilleros communistes du Sud-Vietnam qui frappent comme l’éclair puis disparaissent, ces soldats de l’Armée vietnamienne du Nord (AVN), qui marchent pendant des mois sur plus de mille kilomètres sous les largages par les avions américains de l’Agent orange/dioxine, du napalm et de bombes à billes, pour venir jusqu’au 17ème parallèle affronter l’armée la plus puissante de l’époque. Doàn Công Tinh, Chu Chi Thành, Mai Nam et Hua Kiem, quatre photographes (parmi ceux cités dans le livre) sont venus exposer leurs photographies pour la première fois en Europe occidentale. Dans leur pays ils sont connus et respectés, mais ils sont un peu inquiets en même temps qu’excités. Patrick Chauvel l’est aussi. A double titre, celui d’accueillir ces hommes de la colline d’en face et celui de coéditer le livre Ceux du Nord, le livre et l’exposition étant les premières productions de la future Fondation Patrick Chauvel ».

Tout en parcourant les images en noir et blanc qui frappent l’imagination, le lecteur peut à chaque instant embrasser le panorama du conflit étalé comme dans un film silencieux. Mi-soldats et mi-journalistes, ces premiers reporters vietnamiens ont écrit l’histoire de la lutte contre l’envahisseur yankee. Pour informer positivement ils ont payé le prix du sang. Selon l’Agence Vietnamienne d’Information [3] « Certes, il y a des photographies de propagande, puisque ces photographes étaient aussi des soldats et qu’ils travaillaient pour les organes de l’armée, du parti ou des journaux nécessairement engagés, mais Jean-François Leroy et Patrick Chauvel repèrent vite que ces images font montre d’un grand talent. On est en face de travaux qui font penser aux images d’un Khaldei, Shaikhet ou Redkine, photographes et soldats de l’Armée rouge pendant la seconde guerre mondiale. La parenté est évidente, celle du « réalisme socialiste ». Mais, on découvre aussi de véritables instantanés, comme cette photographie d’un pilote américain dont l’avion a été abattu et qui vient d’être fait prisonnier ».

Une volonté féroce de vaincre

Sur toutes les photos est inscrit le mot victoire à travers les villages, les villes, les régions du Vietnam mais aussi au sud du Laos et sur la piste Ho Chi Minh, "Ceux du Nord" sont devenus des hommes sans peur, héros à jamais inoubliables dans le cœur de tout un peuple. Parmi tant d’autres reporters et journalistes vietnamiens, Patrick Chauvel a cité en particulier :

Doàn công Tinh, né en 1943 d’une famille de militaires, a travaillé à 25 ans pour le journal Armée du peuple (Quân dôi nhân dân). Muni d’une kalachnikov et d’un appareil de photos il a fait la campagne de 1970-1972 sur les fronts de Quang Tri, Huê Thua Tiên. Mais son cœur s’est abimé. Le général Vo Nguyên Giap a dit de l’homme qu’il est un artiste soldat. Ses photos ont eu un grand succès car plusieurs fois primés. Aujourd’hui, il vit à Hochiminhville.

Luong Nghia Dung, né en 1935 à Phu Nhiêu –Hanoi, s’est battu contre les Français en 1954. Avec ses autres amis Vu Tao et Hu Kiêm, ils ont été trois mousquetaires de l’information dès 1966 et dans toutes les batailles. Surtout à Khe Sanh en 1967, bataille qui a failli être de Diên Biên Phu américain. Puis sur la route n°9 en 1970, il a été le compagnon des soldats de l’Armée de libération et en 1972 il a mémorisé les combats sur la piste Hochiminh. La photo prise à Quang Tri en 1968 a été primée en 2007.

Mai Nam, né en 1931 est devenu photographe en 1950. Il a travaillé pour les journaux Tieng phong (Avant-garde) et Thanh Niên (La jeunesse). Son livre « il était un temps glorieux » lui a valu des honneurs. Il a reçu 2 médailles de résistance classe 1 et classe 2. Il a été parmi ceux qui ont fait de la créativité en photo artistique. Pour lui, l’héroïsme comme beauté n’a pas de frontières. Mai Nam a surtout insisté sur les images des femmes présentes à tous les combats.

Ngoc Dan, né en 1951 à Hà Tinh a été sur les fronts en tant que journaliste. En 1972 il est parti pour l’été rouge de Quang Tri. De 1973 à 1974 il a été aux côtés du régiment 36 de la division 308. Avec deux autres journalistes ils sont rentrés dans le palais de l’indépendance à Saïgon le 30 avril 1975.

Chu Chi Thành, né le 26 mai 1944 à Thai Binh, est diplômé en littérature. Il a travaillé pour l’AVI. A cette époque, les Etats-Unis d’Amérique ont décidé de ramener le Vietnam à l’âge de pierre. Puis en 1975, à la fin de la guerre, il a été envoyé étudier en Allemagne de l’Est, à l’Université de Leipzig. Dès son retour à Hanoi, il a été nommé directeur du département –photos de l’AVI. C’est par lui que nous avons de très belles images de Jane Fonda présente à Quang Binh puis à Hanoi lors des bombardements par les B52 de juillet 1972. Les femmes, héroïnes de la défense anti aérienne (DCA) comme Nguyen Thi Xuân à Quang Phuc. La photo du pilote américain Roger Dean Ingvalson fait prisonnier après que son chasseur bombardier ait été abattu le 28 mai 1968 par la DCA nord vietnamienne, a montré un aspect humain entre le vaincu et le vainqueur.

Minh Dao, né en 1939 à Nghê An, a appris avec son père photographe, le métier du reportage de guerre. Il a travaillé pour les journaux Nhân Dân et Quân Dôi Nhân Dân mais signe ses photos sous les noms de Minh Dao ou Minh Duc. Lors de ses reportages, il a souligné que la mort est si ordinaire que les gens, après avoir dit bonjour, ajoutent un tel est mort. Son ami, Luong Nghia Dung est mort. En mars 1979, il s’est trouvé à Lang Son où Isao Takano, envoyé spécial d’Ankahata a été tué. Lui-même et d’autres ont été blessés.

Vu Ba est un homme du sud. Il a été photographe du parc zoologique de Saïgon. On a dit qu’il a été un espion du Vietminh. En 1950, il a été choisi en tant que cameraman au département politique du Sud Est vietnamien. Souvent primé, il a été un soldat de l’image.

Hua Kiêm, né en 1938 à Lang Son, a occupé en 1954 un poste d’enseignant dans l’armée pour alphabétiser les soldats. En 1964 il est devenu photographe. Puis il a travaillé de 1970-71 au Cambodge comme agent de presse de Pol Pot. Mais malade de la malaria il est rentré au pays. Puis en 1973 il a été aux côtés des représentants de la RDVN à Danang, à Saïgon et à Biên Hoà. En 1975 il s’est marié et a pris sa retraite en 1989.

Les photographes de l’AVI. 450 journalistes vietnamiens ont trouvé la mort dont 260 ont travaillé pour l’AVI. Nous leur devons de nombreuses images de Quang Tri en 1972, de Vinh Linh en 1968, des bombardements de Haiphong en 1972 par les B52, le delta du Mékong en 1973 avec les médecins opérant dans des hôpitaux de fortune à Cà Mau et les images de soldats américains apeurés qui se sont rendus.

Une plaque des 260 journalistes de l’AVI tués en reportage et un timbre poste intitulé « la force du Vietnam » ont été deux estampilles reconnaissant ces femmes et hommes qui ont combattu les envahisseurs venant de l’autre côté de l’Atlantique.

Mercatique prospective

Nous serions tentés de voir l’impact de ces images sous une forme pertinente et culturaliste. La vindicte populaire n’a pas été exercée contre ces pilotes américains éjectés de leurs bombardiers. Ces hommes grands et forts ont eu peur pour leur vie en présence de miliciennes petites et conscientes d’avoir à protéger leurs trophées. Certains prisonniers ont été surpris de l’attitude des vainqueurs qui eux, ont vu pour la première fois le visage découvert de leurs ennemis. En fait, chacun de leur côté ont fait la guerre.

Et la guerre c’est pour tuer l’oubli

Les vingt ans de rage et d’horreur qui se sont achevés le 30 avril 1975 avec la prise de Saïgon ont ensanglanté les États-Unis et le Vietnam. Aujourd’hui, ces années semblent oubliées, comme si la guerre, âprement menée par cinq occupants successifs de la Maison Blanche, avait déserté les mémoires vietnamiennes. La moitié de la population a moins de 26 ans, et la guerre paraît loin. Au contraire, les États-Unis suscitent l’engouement, surtout auprès des enfants dits « nés de la guerre », souvent issus d’une relation de soldats américains et de prostituées. Ils espèrent tous acquérir la seule chose qui peut encore les relier aux États-Unis, le visa américain. Une loi de 1987 pousse les États-Unis à verser l’équivalent de 500 000 dollars à la ville d’Hô Chi Minh pour la construction d’un centre résidentiel accueillant les Amérasiens, dont beaucoup sont des sans-abri. Puis les États-Unis ont commencé à leur offrir des visas américains par dizaines de milliers. Seuls les métis vietnamiens pouvaient obtenir gratuitement une réinstallation aux États-Unis. Le résultat était prévisible. Pieds nus, fauchés, les Amérasiens étaient des proies faciles pour les trafiquants. Beaucoup d’enfants ont été payés ou contraints de reconnaître une fausse famille, souvent de riches Vietnamiens qui voulaient une nouvelle vie aux États-Unis. Mais à partir du milieu des années 1990, les agents américains ne sont plus dupes. Ils commencent à mieux enquêter sur les candidats, à exiger plus de preuves. (in http://www.jolpress.com/article/le-sang-americain-na-pas-fini-de-couler-au-vietnam- 79910. Html#VPeg5fyVZ4KVwbCQ.99)

Et la guerre a laissé un impact sur la santé humaine et l’environnement

Le produit chimique le plus nocif, l’Agent orange/dioxine a été déversé par l’aviation américaine de 1961 à 1971 au centre et au sud du Vietnam, plus de 14 millions de tonnes de bombes et de munitions de tous types (une puissance totale destructrice bien pire que celle des bombes atomiques larguées sur Hiroshima et Nagasaki !). Aujourd’hui, 40 ans après la fin de la guerre du Vietnam, tous les engins non explosés continuent de tuer au quotidien la population vietnamienne, en particulier des agriculteurs pauvres, les minorités vivant dans les zones montagneuses et des enfants ignorant leur danger. Quant aux épandages d’Agent orange/dioxine, ils représentent aujourd’hui une catastrophe humanitaire et un véritable “écocide”. Le nombre actuel des victimes est considérable, probablement de l’ordre de plusieurs centaines de milliers, voire plus. Les Etats-Unis d’Amérique n’ont pas encore admis leurs responsabilités ni indemnisé les victimes vietnamiennes (in http://www.faaod.fr/260487989).

"Vivre le printemps silencieux" des victimes de l’Agent orange/dioxine.

Quatre ans après son premier film (primé en 2008 au festival international des films- environnement de Paris), l’Agent orange - A personal Requiem, Masako Sakata, productrice japonaise (dont le mari ancien GI est mort de la dioxine) inlassablement reprend le chemin de la Justice en soutenant les Victimes de l’Agent orange/dioxine. Caméra en mains, le regard curieux quoique rempli de tendresse et avec ce penchant de nous livrer les récits de vie de "Living the Silent Spring" "Vivre le printemps silencieux"- à travers des rencontres des jeunes victimes Américaines et Vietnamiennes des 2è et 3è générations décrivant leurs souffrances et leurs luttes. Chez ces jeunes, recouvrir leur dignité humaine semble fondamental alors que la solidarité les rassemble. Que de transports de joie lors de ces conversations bien que Masako Sakata ait souligné que les cicatrices de l’Agent orange restent profondes au Vietnam et en Amérique ! Que ce soit en Australie, au Canada, en Corée, aux Etats-Unis, à la Nouvelle Zélande et au Vietnam, l’impact de l’Agent orange/dioxine demeure très catastrophique pour la santé et l’environnement. Il est naturel que les femmes et les hommes du monde entier soutiennent les victimes à travers toutes les manifestations de solidarité et de communications. Par ailleurs, la communauté internationale se donne rendez-vous pour s’informer et débattre du caractère de l’écocide, défini comme la « destruction méthodique de la flore et de la faune », le terme devrait être reconnu comme un crime international, un crime contre la paix, selon la juriste anglaise Polly Higgins. Autrement précisé l’usage de la dioxine était un crime de guerre, non conforme à la loi internationale d’usage et à la Convention de Hague de 1907. (Hague Convention 23a). Ces violations des usages et lois sont considérées comme crimes de guerre par les Principes VI-b de Nuremberg ; l’usage de la dioxine était un crime contre l’humanité comme défini par les Principes VI-c de Nuremberg, constituant un acte inhumain fait contre une population civile ; l’usage des armes illégales dans une guerre illégale a causé la dévastation susmentionnée. Au Vietnam, ces crimes ont produit beaucoup de douleur, de souffrance et d’angoisse à au moins 3 à 4 millions de gens et leurs familles dont les songes sont remplis aujourd’hui d’espoirs pour "la loi du pollueur-payeur" car les conséquences de ces crimes ont été déjà ressenties par les âmes des défunts d’hier (Voir document du Tribunal international d’opinion des 15-16 mai 2009 à Paris organisé par l’Association internationale des Juristes Démocrates in Tribunal international d’opinion, Paris, les 15-16 mai 2009 : Voir article du 19 mai 2009 : Agent Orange - Verdict : Le Tribunal International d’Opinion juge le gouvernement et les industriels des États-Unis responsables... http://www.legrandsoir.info/Agent-O...). Par ailleurs, les participants au 50è Anniversaire du premier épandage de l’Agent orange/dioxine (1961-2011) le 9 août 2011, à Hanoi, sont enclins à confier que le temps est venu pour fournir un remède adéquat aux victimes vietnamiennes de l’Agent Orange ainsi qu’à leurs familles et à réparer autant que possible l’environnement vietnamien (Nguyen Dac Nhu-Mai in http://www.lafauteadiderot.net/spip.php?page=imprimir_articulo&id_article=788)

La culture de la paix

Les images de Ceux du Nord ont montré une culture de la paix. Les plus belles photos prises par Doan Công Tinh ont été celles à notre avis :
- De la ville de Vinh dans la province de Nghê An, 1970. Avant le départ pour le front, l’amour maternel a éclaté sur le visage de la paysanne faisant ses adieux à son fils soldat heureux de recevoir les dernières recommandations.
-Quang Tri 1972 « le sourire de la victoire au pied de l’ancienne citadelle de Quang Tri. Etre toujours en vie ! »
-Cordillère de Truong Son, mars 1972. Sur la piste Hô Chi Minh en route vers le front, des soldats nord-vietnamiens profitent d’une halte pour lire leur courrier.

La volonté de vaincre

Luong Nghia Dung a montré :
- Au sud Laos 1970, pendant l’offensive américano-vietnamienne, un soldat des transmissions de l’armée de libération nord-vietnamienne assure la communication au milieu des combats et des bombardements.
- Des femmes de la milice populaire apportent des obus à une batterie de défense antiaérienne près d’Hanoi. « Déterminées à réaliser l’appel de l’Oncle Hô » les milices de Cô Châu (Hà Tây) interviennent dans les batailles les plus féroces, en bonne coordination avec les soldats.
- Sur la piste Hô Chi Minh, en 1972, des soldats et miliciens aménagent la voie détrempée par les pluies pour que les chars T-54 russes de l’armée nord-vietnamienne puissent rejoindre la bataille qui se déroule au sud de la zone libérée.

Les femmes omniprésentes

Mai Nam a pu interpeller :
- A Thanh Hoa en mai 1966, Nguyen Thi Hiên, jeune milicienne de 19 ans qui patrouille, son fusil M44 Mosin-Nagant sur l’épaule. Elle commande six autres miliciennes chargées de la défense antiaérienne du pont Hâm Rông (la mâchoire du dragon). Ce pont stratégique, seul point de passage sur la rivière Ma au centre du Nord-Vietnam a été détruit plusieurs fois.
- Hai Phong 1966. Des miliciennes patrouillent dans le port de Dô Son.
- Province de Hung Yên 1977. Une milicienne du village de Hoà Binh. « Le fusil et la charrue »

Ngoc Dan a surpris des sourires inoubliables à l’aéroport de Tan Son Nhât, Saïgon le 30 avril 1975 vers midi. Une jeune Viêt-cong pose devant un blindé de l’armée nord-vietnamienne.

Chu Chi Thành a fixé à Quang Phu, district de Quang Trach, province de Quang Binh 1969 « le regard observateur de l’héroïne des forces de défense antiaérienne Nguyên Thi Xuân guettant l’arrivée des bombardiers pirates ».

Minh Dao est allé voir dans les tunnels de Vinh Moc, province de Quang Binh, 1966, des enfants qui se sont réfugiés dans un abri lors d’un bombardement des « avions envahisseurs » avec leurs institutrices. Vu Ba a souligné qu’à Hanoi des femmes parachutistes déjà en 1962 ont pris la place des hommes.

Hua Kiêm a compté quatre miliciennes d’une province littorale du centre déplaçant deux mitrailleuses antiaériennes et souligné la communication d’une opératrice de radio de l’armée nord-vietnamienne avec un convoi sur la piste Hô Chi Minh.

Un matériel de fortune

Par ailleurs, les photographes de l’AVI ont exhibé l’art du camouflage. Ainsi, Nhât Son, au nord Vietnam a pris des photos de l’archaïque piège de bambou empoisonné en passant par le camouflage rudimentaire jusqu’aux missiles sophistiqués SAM-2 de fabrication russe, tous les moyens sont bons pour résister aux Américains.

Duong Thanh Phong a pris les guérilléros Viet-Công se camouflant pour échapper aux avions et des miliciennes préparant des pièges le long des pistes empruntées par les troupes américaines et sud-vietnamiennes.

Des médecins dévoués

Lê Minh Phong a vu les médecins Viet-Công pratiquer dans le sud une guérilla de mouvements et ont été obligés d’avoir recours à des postes de secours rudimentaires et provisoires dans le delta du Mékong en 1973. Vo An Khanh a assisté à l’opération le 15 septembre 1970 dans la forêt d’U Minh, du jeune guérilléro ethnie cambodgienne Danh Son Huoi, blessé lors d’un bombardement américain. Il est amené dans un hôpital de fortune caché au milieu des marécages dans le sanctuaire Viet-Công de la péninsule de Cà Mau pour être soigné.

Une foule en liesse

Hua Kiem s’est joint aux Saïgonnais accueillant les « libérateurs le 30 avril 1975. Le bain de sang civil a été évité au bénéfice de gens heureux de vivre.

En guise de conclusion

Dans la présentation de son ouvrage, Patrick Chauvel a souligné « Ils savent se battre ces salopards ». « Ce sont eux qui ont gagné‚ la guerre ». Loin d’expulser de telles affirmations, nous serions prête à aller dans le sens de Ceux du Sud qui ont quelque part porté une estime incontestable envers leurs ennemis, Ceux du Nord. Cependant, les gens du Nord et les gens du Sud bien qu’intégrés dans le circuit international de l’après guerre, n’en demeurent pas moins très régionalistes voire autonomistes. Les évocations de mercatique relationnelle et prospective sont particulières et n’engagent que l’auteure de cette présentation.

Nous souhaitons que Patrick Chauvel et sa Fondation puissent relayer la communication de la paix à travers ces images vietnamiennes de guerre David contre Goliath.

Ensuite, il serait fondamental à tous les journalistes, photographes et reporters couvrant les actualités au péril de leurs vies d’être soutenus par la population et les médias comme les « Reporters sans frontières » défendant les journalistes emprisonnés et la liberté de la presse dans le monde, c’est-à-dire le droit d’informer et d’être informé, conformément à l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme.

Ceux du Nord par Patrick Chauvel - Editions des Arènes Paris 2014

Nguyen Dac Nhu-Mai est représentante permanente en France de VAVA (Vietnam Association pour les Victimes de l’Agent orange/dioxine) et co-fondatrice du Fonds d’alerte contre l’Agent orange/dioxine. A lire sur le site, ses articles : Les acteurs des Accords de Paris, Vivre le printemps silencieux de l’agent orange et "Công Binh", la longue nuit indochinoise

A lire également sur La faute à Diderot :
-L’agent orange, premier écocide de l’histoire
-Un enfant de l’oncle Ho, hommage d’Alain Ruscio à Giap
-Vo Nguyen Giap, Une Vie, Propos recueillis par Alain Ruscio.
-Hô ! Hô ! Hô Chi minh !

Notes :

[1] Voir La guerre du Vietnam 1959-1975 par Moniba Ali et Tram thi Hoang, in http://fr.slideshare.net/guest092b5...

[2] in Mediapart - 1er septembre 2014

[3] 31 Août 2014


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