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Totems et Tabous : le retour du protectionnisme et ses adversaires
Par Jacques Sapir

L’ampleur et la profondeur de la crise actuelle ont réactivé le débat sur le protectionnisme et la fin du libre-échange. La virulence des défenseurs de ce dernier, montre à quel point le débat est sensible. Il renvoie à des représentations où une présentation des faits, qui travestit la vérité par ignorance ou dessein, est devenue un fétiche et le protectionnisme un véritable tabou. Le refus à identifier le libre-échange comme cause de la crise actuelle montre qu’ils ont quitté l’univers de la réflexion pour entrer dans celui de la pensée magique.

Au cœur de la crise, la déflation salariale importée

Cette crise a l’apparence d’une crise financière, issue de l’imprudence des banques et des banquiers, de l’avidité de traders irresponsables, et pour ceux qui prétendent être les plus lucides d’un manque de réglementation. Elle a une réalité bien différente, la montée rapide de l’insolvabilité des ménages, traduction financière de la déflation salariale induite par le libre-échange. Au cœur de la crise, on ne trouvera pas les banques, dont les désordres ne sont ici qu’un symptôme, mais bien le libre-échange, dont les effets sont venus se combiner à ceux de la finance libéralisée.

Aux Etats-Unis, la part des salaires dans le revenu national est tombée à 51,6% du Revenu National en 2006, son point historique le plus bas depuis 1929 [ A. Aaron-Dine et I. Shapiro, « Share of National Income Going to Wages and Salaries at Record Low in 2006 », Center ob Budget and Policies Priorities, 29 mars 2007, Washington DC. Données en provenance du US Department of Commerce] contre 54,9% en 2000. Pour la période 2000-2007, l’accroissement du salaire réel médian n’a été que de 0.1%, tandis que baissait le revenu du ménage médian[JEC, US Senate, 26 août 2008. Voir aussi US Congress, State Median Wages and Unemployment rates, prepared by the Joint Economic Committee, Table released by the US-JEC, June 2008 ]. Le libre-échange pousse aussi les gouvernements à transférer le financement des prestations sociales des entreprises vers les salariés. De 2000 à 2007, le coût des assurances de santé (+68%) ainsi que celui des frais d’éducation (+46%)[US Congress, Joint Economic Committee Memo, Juin 2008]a fortement augmenté, tandis que la proportion des habitants sans couverture sociale est passée de 13,9% à 15,6%[ US Congress, Joint Economic Committee, Number of Uninsured Americans is 7.2 million higher than when President Bush took office, 26 août 2008, consultable sur www.jec.senate.gov ] Dans ce processus, la déflation salariale importée via le libre-échange a joué un rôle important[J. Bivens, “Globalization, American Wages, and Inequality” Economic Policy Institute Working Paper, Washington DC, September 6th, 2007] Même Paul Krugman a dû le reconnaître [P. Krugman, « Trade and Inequality, revisited », in Vox, 15 juin 2007, URL : http://www.voxeu.org/index.pbp?q=no... ].

Le phénomène est aussi présent en Europe où il se combine, dans la zone Euro, à la politique de la BCE qui ajoute son poids aux forces dépressives importées [J. Bibow, “Global Imbalances, Bretton Woods II and Euroland’s Role in All This” in J. Bibow and A. Terzi (eds), Euroland and the World Economy : Global Player or Global Drag ?, New York (NY), Palgrave Macmillan, 2007 ]. Certains pays ont suivi le modèle américain. C’est le cas de l’Espagne, de la Grande-Bretagne et de l’Irlande. Dans le cas britannique, on assiste à un appauvrissement relatif et parfois absolu de la population [M. Brewer, A. Goodman J. Shaw and L. Sibieta, Poverty and Inequality in Britain : 2006, Institute for Fiscal Studies, London, 2005. Voir aussi W. Paxton and M. Dixon, The State of the Nation : An Audit of Injustice in UK, Institute for Public Policy Research, London, 2004]. Dans ces pays, l’impact de la déflation salariale importée s’est traduit par une explosion de l’endettement des ménages, qui a dépassé en 2007 les 100% du PIB, produisant un phénomène d’insolvabilité comparable à celui qui s’est manifesté aux Etats-Unis. Cependant, l’impact de la déflation salariale importée s’est fait sentir même dans des pays relativement éloignés du modèle américain.

L’Allemagne a réagi par une politique de délocalisation massive de la sous-traitance. On est ainsi passé, grâce à l’ouverture de l’Union Européenne aux pays d’Europe centrale et Orientale, de la logique du Made in Germany à celle du Made by Germany. Dans le même temps, le gouvernement allemand a transféré sur les ménages (via la TVA) une partie des charges qui pesaient sur les entreprises. Cette stratégie a permis un fort excédent commercial au détriment de ses partenaires de la zone Euro chez qui l’Allemagne réexporte de la déflation salariale, mais au prix d’une croissance faible en raison d’une demande intérieure déprimée en dépit d’un accroissement inquiétant de l’endettement des ménages (68% du PIB).

Quant à la France, les gouvernements de ces dernières années ont tenté de réagir aux effets du libre-échange par des politiques dites de « réformes structurelles ». Ces dernières, en allongeant la durée globale du travail et en remettant en cause les prestations sociales n’ont fait qu’entériner les effets de la déflation salariale importée. Comme le constate le CREDOC : « … globalement, la situation des ‘classes moyennes’ ressemble davantage à celle des bas revenus qu’à celle des hauts revenus » [R. Bigot, « Hauts revenus, bas revenus et « classes moyennes ». Une approche de l’évolution des conditions de vie en France depuis 25 ans », Intervention au colloque « Classes Moyennes et Politiques Publiques » organisé par le Centre d’Analyse Stratégique, Paris, 10 décembre 2007]. Les formes de manifestation de la déflation salariale La forme la plus spectaculaire est le phénomène des délocalisations vers des pays à bas coût salarial et faibles réglementations sociales ou écologiques. Mais, le chantage à l’emploi exercé sur les travailleurs et leurs syndicats pour qu’ils renoncent à des avantages sociaux et à des hausses de salaires constitue la forme la plus importante de la déflation salariale.

Le libre-échange conduit ainsi à la dégradation des conditions de travail, aux conséquences importantes sur la situation sanitaire des salariés, comme l’accroissement des pathologies induites par le stress au travail qui résultent de la pression qui s’exerce à travers le chantage à la délocalisation [Voir DARES, « Efforts, risques et charge mentale au travail. Résultats des enquêtes Conditions de travail 1984, 1991, et 1998 », Les Dossiers de la DARES, hors-série/99, Paris, La Documentation française, 2000 ; P. Legeron, Le Stress au travail, Paris, Odile Jacob, 2001]. Si ces pathologies ont un coût médical de 3% du PIB [Chiffre pour la Suède et la Suisse sur la base d’enquêtes épidémiologiques poussées : I. Niedhammer, M. Goldberg et al., « Psychosocial factors at work and subsequent depressive symptoms in the Gazel cohort », Scandinavian Journal of Environmental Health, vol. 24, n° 3, 1998. En France, une enquête limitée donne des résultats probants quant à l’importance du phénomène : S. Bejean, H. Sultan-Taieb et C. Trontin, « Conditions de travail et coût du stress : une évaluation économique », Revue française des affaires sociales, n° 2, 2004], comme l’indiquent les études épidémiologiques globales qui ont été faites, le lien entre les logiques de la déflation salariale et la détérioration des comptes sociaux en France et dans les principaux pays européens serait bien établi. Or, c’est cette dérive (ou ce qui apparaît comme tel) des comptes sociaux qui a servi de prétexte aux différents gouvernements pour remettre en cause un certain nombre de droits, transférant ainsi les coûts vers les salariés. Les politiques dites de « réforme structurelle » contribuent donc, directement et indirectement, à créer les conditions d’une insolvabilité de la grande majorité des ménages. Celle-ci est au cœur de la crise d’endettement hypothécaire que l’on a connue aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et en Espagne. Mais, elle existe aussi dans d’autres pays où elle se traduit par une fragilité croissante des ménages et la montée de la prégnance de la question du « pouvoir d’achat ». L’émergence depuis une dizaine d’année du phénomène des « travailleurs pauvres » que l’on connaît en France comme en Allemagne est directement liée aux effets de la déflation salariale importée.

La déflation salariale importée et les désordres monétaires et commerciaux internationaux.

La déflation salariale trouve son origine dans les politiques prédatrices sur le commerce international, mises en œuvre par les pays d’Extrême-Orient depuis 1998-2000. Ces politiques, à travers le cadre du libre-échange généralisé impulsé par l’OMC, a induit un puissant effet de déflation salariale dans les pays développés.

Mais, ces politiques prédatrices sont avant tout des réactions au choc que représenta la crise financière de 1997-1999 [J. Sapir, Le Nouveau XXIe Siècle, Paris, Le Seuil, 2008 ]. C’est le cas de la Chine qui dû absorber, en raison de l’incurie et de l’incompétence du FMI, une bonne partie du choc de la crise asiatique en laissant ses voisins reconstituer des excédents commerciaux et financiers à son détriment. La Chine et ses voisins ont considéré que la répétition possible d’une telle crise imposait la constitution d’importantes réserves de change. Ces pays ont été poussés à développer des politiques prédatrices sur le commerce international. Celles-ci ont été mises en oeuvre par des dévaluations très fortes, des politiques de déflation compétitive et en limitant leur consommation intérieure. Ces politiques, à travers le libre-échange, ont induit un puissant effet de déflation salariale dans les pays développés. Elles ont aussi été d’une redoutable efficacité, comme le montre l’énorme accumulation des réserves de change réalisée par les pays émergents.

Tableau 1 :
Réserves de change au 31 août 2008
Milliards de Dollars
République Populaire de Chine 1884
Hong Kong (*) 158
Taiwan 282
Corée du Sud 240
Singapour 170
Total pays émergents d’Extrême-Orient 2734
Total Eurozone (pour comparaison) 555

* Hong Kong est ici comptabilisé séparément de la RPC. Source : FMI.

L’économie chinoise poursuit depuis trente ans un rattrapage technique rapide par rapport aux pays développés comme le montre l’indice de similitude de ses exportations avec celles de l’OCDE. Dans le même temps, le coût salarial, direct et indirect, n’y évolue pas. La montée en qualité de ses exportations menace à terme la totalité des emplois industriels. L’effet de déflation salariale sur les économies développées ne peut qu’aller en s’accentuant.

Tableau 2 :
Évolution de l’indice de similitude d’exportation avec l’OCDE
1972 1983 1994 2005
Taiwan 0,14 0,17 0,22 0,22
Hong Kong 0,11 0,13 0,17 0,15
Corée 0,11 0,18 0,25 0,33
Singapour 0,06 0,13 0,16 0,15
Chine 0,05 0,08 0,15 0,21
Inde 0,05 0,07 0,09 0,16
Mexique 0,18 0,20 0,28 0,33
Brésil 0,15 0,16 0,19 0,20
Argentine 0,11 0,09 0,09 0,13

Source : P.K. Schott, “The relative sophistication of Chinese exports”, Economic Policy, n°55, Janvier 2008, pp. 7-40, p. 26.

La déflation salariale importée a d’ailleurs pris une dimension particulière dans le cadre de l’Union européenne avec le processus d’élargissement. Les pays nouvellement admis dans l’UE se caractérisent par des régimes sociaux et écologiques moins contraignants et des niveaux de rémunération faibles, qui sont souvent encore plus faibles en raison de la sous-évaluation de leurs monnaies par rapport à l’Euro.

Développement et libre-échange : la construction d’un fétiche.

Devant une telle situation, les responsabilités du libre-échange dans la crise actuelle devraient être claires pour tous. Il n’en est rien à cause de deux mythes que propagent à l’envi les adversaires du protectionnisme : le libre-échange profite aux pays les plus pauvres et le protectionnisme nous conduirait à la guerre, comme dans les année trente. Il est facile de faire litière du premier mythe. L’impact du libre-échange mis en place par l’OMC sur les pays les plus pauvres a été sensiblement négatif. Si les premiers résultats publiés en 2003 claironnaient des gains de l’ordre de 800 milliards de Dollars, chaque évision successive des modèles utilisés a conduit à un effondrement de ces estimations [F. Ackerman, « The Shrinking Gains from Trade : A Critical Assessment of DOHA Round Projections », Global Development and Environment Institute, Working Paper n° 05-01, Tufts University, Medford, Ma., Octobre 2005]. Or, ces modèles sont en réalité conçus, volontairement ou non, pour maximiser les effets positifs de la libéralisation des échanges. Ils se caractérisent en effet par l’absence de prise en compte des coûts, transitoires ou permanents engendrés par la fin des barrières tarifaires[D.K. Brown, A.V. Deardorff et R.M. Stern, « Computational Analysis of Multilateral Trade Liberalization in the Uruguay Round and Doha Development Round », RSIE Discussion paper n° 489, University of Michigan, Ann Arbor, MI, 2002. « Doha Round’s Development Impacts », RIS Policy Briefs n°19, New-Delhi, Novembre 2005, p. 3. Voir aussi Y. Akyüz, « The WTO Negociations on Industrial Tariffs : What is at Stake for Developing Countrie »s, RIS discussion Papers n° 98, New Delhi, 2005 ]. Ces coûts sont cependant très supérieurs aux gains potentiels du libre-échange. Dans ces conditions, que les résultats récents des modèles traditionnels soient de moins en moins favorables aux effets du libre-échange doit donc être compris comme une preuve majeure de la faiblesse de l’argumentation en sa faveur [J. Sapir, « Libre-échange, croissance et développement. Quelques mythes de l’économie vulgaire » in Revue du Mauss n°30 (2ème semestre 2007), Éditions La Découverte, Paris, pp. 151-171].

Quant au second mythe, il repose sur une véritable falsification de l’Histoire. Il est souvent affirmé que les mesures de protectionnisme prises après la crise de 1929 l’avaient aggravé en provoquant un effondrement du commerce international [C.P. Kindleberger, « Commercial Policiy Between the Wars » in P. Mathias et S. Pollard (edits). The Cambridge Economic History of Europe, vol. 8, Cambridge University Press, Cambridge, 1989 ainsi que de H. James, The End of Globalization : Lessons from the Great Depression, Harvard University Press, Cambridge, Mass, 2001]. La contraction de ce dernier est une évidence, mais une étude réalisée au NBER montre que le protectionnisme n’y a eu pratiquement aucun rôle. Les deux facteurs déterminants furent l’instabilité monétaire et l’accroissement des coûts de transport [A. Estevadeordal, B. Frants et A.M. Taylor, « The Rise and Fall of World Trade, 1870-1939 », NBER Working Papers Series, National Bureau of Economic Research, Working Paper 9318, Cambridge, Mass., novembre 2002], facteur signalé aussi dans une autre étude [R. Findlay et K.H. O’Rourke, « Commodity Market Integration : 1500-2000 » in M. D. Bordo, A.M. Taylor et J.G. Williamson, (edits), Globalization in Historical Perspective, University of Chicago Press, Chicago, Mich., 2003 ]. La chronologie souligne le rôle de la contraction de la liquidité internationale dans la contraction du commerce. Les liquidités s’effondrent en 1930 (-35,7%) et 1931 (- 26,7%). Or, on voit la proportion du tonnage inemployé augmenter rapidement jusqu’à la fin du 1er trimestre 1932 puis baisser et se stabiliser (Cf. : Tableau 3). L’essentiel de la contraction du commerce se joue entre janvier 1930 et juillet 1932, soit avant la mise en place des mesures protectionnistes, voire autarciques dans certains pays.

Tableau 3
Dynamique de la contraction du commerce international via le fret maritime
31 décembre 1930 13,5%
30 juin 1931 16,0%
31 décembre 1931 18,0%
30 juin 1932 20,8%
31 décembre 1932 18,9%

Source : données de la SDN, Bulletin Économique, 1933, Genève

La contraction des crédits est une cause majeure de contraction du commerce. La question de la liquidité est donc bien centrale [J. Foreman-Peck, A History of the Worlld Economy : International Economic Relations Since 1850, Harvester Wheatsheaf, New York, NY, 1995, p. 197]. La lecture des années 1930 qui met en accusation les politiques protectionnistes se trompe. Quant à prétendre que le protectionnisme aurait été la cause de la seconde Guerre Mondiale, il faut soit une profonde méconnaissance du Nazisme et du Fascisme – et il y a dans l’Allemagne Nazie une dimension pathologique spécifique [Ian Kershaw, Nazi Dictatorship : Problems and Perspectives of Interpretation, Londres, Oxford University Press, 1993] - soit une immense mauvaise foi. Quel protectionnisme pour sortir de la crise ?

Le rétablissement de mesures protectionnistes, qui permettent de moduler les échanges avec l’extérieur et qu’il ne faut pas confondre avec l’autarcie, qui vise au repli sur soi, s’impose donc. Il est la condition de toute politique de revalorisation salariale. Affirmer vouloir augmenter les salaires aujourd’hui sans toucher au libre-échange est soit une hypocrisie soit une stupidité.

Le but de ce nouveau protectionnisme doit être de préserver les acquis sociaux et écologiques. Il s’agit donc de pénaliser non pas tous les pays où les salaires sont bas mais les pays dont la productivité converge vers nos niveaux et qui ne mettent pas en place des politiques sociales et écologiques également convergentes. Il s’agit ici d’empêcher le commerce mondial de tirer tout le monde vers le bas. Le cadre de l’Union européenne est cependant imparfait pour un tel retour. Si le rétablissement d’un important tarif communautaire s’impose, il est clair que l’espace économique de l’UE est aujourd’hui tellement hétérogène qu’il permet à des politiques de dumping fiscal, social et écologique de prospérer.

En plus du tarif communautaire, il convient donc de penser un retour aux montants compensatoires monétaires qui ont existé dans les années 1960. Ces taxes, provisoires, viseront à compenser les écarts de taux de change, mais aussi de normes sociales et écologiques entre les pays de la Zone Euro et les autres membres de l’UE. Le montant de ces taxes ne devrait pas être conservé dans les pays qui les collecteront mais, comme Bernard Cassen l’avait suggéré, devraient abonder un « Fonds de Convergence Sociale et Ecologique » au profit des pays qui devront progressivement réaliser cette double convergence. Les montants issus du tarif communautaire pourraient être partagés entre l’alimentation d’un Fonds Social Européen et des aides ciblées pour les pays extérieurs s’engageant, dans le cadre d’accords à moyen terme, à relever leurs protections sociales et écologiques.

Le retour au protectionnisme, quoi qu’en disent les gouvernements, est inévitable. On le verra bien vite aux Etats-Unis. Loin d’être un facteur négatif, il pourrait permettre une reconstruction du marché intérieur sur des bases stables avec une forte amélioration de la solvabilité tant des ménages que des entreprises. C’est pourquoi il sera un élément important d’une sortie durable de la crise actuelle et doit être au plus vite un point central d’un débat public sans fétiches ni tabous.

26 janvier 2009 - Article à paraître dans Le Monde diplomatique


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