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Tempête sous un crâne
Par Jacques Barbarin et Catherine Bocher ont assisté à cette pièce adaptée des Misérables

Du 18 au 19 décembre à Luxembourg Centre Culturel Abbaye de Neumunster ; du 8 au 9 janvier 2013 à Colmar ; du 18 au 19 janvier à St Michel sur Orge ; u 22 au 23 janvier à Soissons ; du 29 janvier au 1er février à Marseille La Criée ; le 9 février à Château Gonthier ; du 21 au 22 février à Bar le Duc ; du 18 au 26 mars à Nantes...

Gavroche n’était tombé que pour se redresser ; il resta assis sur son séant, un long filet de sang rayait son visage, il éleva ses deux bras en l’air, regarda du côté d’où était venu le coup, et se mit à chanter : « je suis tombé par terre, C’est la faute à Voltaire, Le nez dans le ruisseau, C’est la faute à... » Il n’acheva point. Une seconde balle du même tireur l’arrêta court. Cette fois il s’abattit la face contre le pavé, et ne remua plus. Cette petite grande âme venait de s’envoler.

Tout le monde connaît cet extrait du Livre III des Misérables et les lecteurs de La Faute à Diderot mieux que quiconque. Gavroche figure sur le bandeau d’accueil et vous retrouvez le texte intégral en cliquant sur l’onglet La faute à Diderot.

Pourquoi est-ce que nous vous parlons de Gavroche ? Parce que vous allez le retrouver au cœur d’un spectacle épatant, Tempête sous un crâne. C’ est une adaptation des Misérables (si ! si !) en deux époques, pour deux comédiens dans la 1ère partie et cinq pour la seconde.

L’histoire de la première époque tourne autour de Jean Valjean, depuis sa sortie du bagne ; de Fantine depuis sa jeunesse jusqu’à sa mort et enfin de Cosette, de sa naissance à son départ chez les Thénardier. La seconde époque est tout à la fois l’histoire de Javert qui poursuivra Jean Valjean toute sa vie, celle des Thénardier, de Gavroche et l’histoire de tous les amis du peuple jusqu’aux montées des barricades.

Bon, on vous prévient : ça dure quatre heures. D’accord c’est long pour un spectacle, mais c’est une goutte d’eau chez Victor Hugo. Et si vous voyez passer une seconde, on mange notre chapeau.

Il ne s’agit pas vraiment pour les comédiens, d’interpréter chacun des personnages ni de raconter quelques morceaux choisis… Comme si finalement Hugo lui-même le ferait s’il se mettait à nous lire son œuvre à haute voix. Non ! En endossant tous les rôles, ils présentent ce spectacle à la façon d’un « livre animé » dans lequel ils n’hésitent pas à adopter tous les points de vue de la narration : ils peuvent être simples récitants, externes au récit, ou s’immiscer dans la conscience d’un personnage en devenant narrateur omniscient.

C’est ainsi que cette troupe raconte, interprète, chante ou joue – parfois simultanément ! – l’histoire bien connue des Misérables. Ils sont cinq, sept même, si l’on compte les deux musiciens dont la présence ne peut passer inaperçue. A eux tous ils sont une révolution ! Au milieu des pétards et confettis, ils défilent sous nos yeux éberlués de spectateurs, trop occupés à gober ce spectacle.

C’est un spectacle que tout le monde peut comprendre, sans avoir besoin d’une culture énorme. Celle-ci est offerte aux spectateurs (l’histoire) par de jeunes et talentueux comédiens/conteurs. Nous insistons sur ce dernier terme. Oui, nous avions l’impression d’être à une veillée, où l’on nous racontait une aventure passionnante et qui laissait la part belle à notre imaginaire (comme il se doit quand on conte).

Parlons de la mise en scène de Jean Bellorini et du parti pris choisi pour l’adaptation (Jean Bellorini et Camille de la Guillonnière). C’est simple, profond et percutant. L’histoire est effectivement « racontée » simplement avec quelques moments de « jeu théâtral », ponctuée de musique (création musicale Céline Ottria) et très peu de décors ou d’accessoires, juste là pour la symbolique et guider en douceur le spectateur.

Comme le dit Jean Belleroni à propos de Jacques Copeau : « Il sait me rappeler que toutes les images qu’on produit sur un plateau de théâtre, ne sont là que pour ouvrir l’imaginaire. Ainsi l’acteur et le spectateur construisent ensemble leur spectacle. Tout doit être au service de l’Evocation. »

Tout se passe comme si ces jeunes gens se disaient l’un l’autre : attends, je vais te raconter les Misérables. Et ils nous les racontent, ces passeurs. Ils n’ont pas la prétention de nous faire en costumes et en décors la visite de Jean Valjean à l’évêque de Digne, ni la rencontre avec Cosette… non, ça le cinéma le fait très bien. Ils ont la prétention d’être des humains parlant à d’autres humains. Il fallait oser. Ils l’ont fait. Un spectacle pareil, cela donne confiance au théâtre qui retrouve sa fonction première, celle de la parole. Après tout, il suffit que quelqu’un parle depuis une scène à quelqu’un d’autre pour que le théâtre s’installe.

Avec : Mathieu Coblentz, Karyll Elgrichi, Camille de la Guillonnière, Clara Mayer, Céline Ottria, Geoffroy Rondeau, Hugo Sablic.

Du 18 au 19 décembre à Luxembourg Centre Culturel Abbaye de Neumunster
Du 8 au 9 janvier 2013 à Colmar Comédie de l’est
Du 18 au 19 janvier à St Michel sur Orge Espace Marcel Carné
Du 22 au 23 janvier à Soissons Le Mail
Du 29 janvier au 1er février à Marseille La Criée - Théâtre national de Marseille
Le 9 février à Château Gonthier Théâtre des Ursulines
Du 21 au 22 février à Bar le Duc ACB - Scène nationale
Du 18 au 26 mars à Nantes Le Grand T - Scène Conventionnée Loire Atlantique


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