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Saint Paul, le génie du christianisme
Valère Staraselski a lu ce livre de Patrick Kéchichian

La foi chrétienne, l’Eglise catholique sont suffisamment âgées pour qu’on puisse les prendre au sérieux. C’est-à-dire, pour qui n’a pas la foi, qu’on les envisage comme on envisage de manière indissociable un message et une institution universels et vivants.

Après Petit éloge du catholicisme, Patrick Kéchichian longtemps critique littéraire au Monde, puis aujourd’hui à La Croix prend, en quelque sorte, Saint Paul à la lettre afin de disposer devant le lecteur en quoi le fondateur de l’Eglise a, selon lui, porté la cause de l’Evangile et la connaissance de la Passion du Christ jusqu’à en faire une religion.

Paul qui a passé la première moitié de sa vie à persécuter les chrétiens et qui, après l’illumination sur le chemin de Damas, se convertit et deviendra une sorte de treizième Apôtre qui va répandre et enseigner le message du Christ par des discours, des lettres, des Epîtres. Ces textes, Kechichian y puise des phrases, des mots, des expressions qui, à ses yeux, se détachent et y font sens. De la sorte, lorsque Paul évoque “notre foi commune à vous et à moi“, Kechichian écrit “l’être ensemble dénonce, dans son principe même, le fourvoiement ou l’imposture de l’individu autosuffisant qui est toujours en train de faire un pas de côté, qui dessine frénétiquement autour de lui un cercle protecteur, qui affirme, à l’inverse de cette “foi commune“ dont parle Paul, une sorte de foi propre qui ne peut être… qu’une foi en lui-même“. Ou encore, “il est toujours étroit, le cercle que l’homme dessine autour de lui pour en être le centre“. Par ailleurs, partant de la première lettre aux Thessaloniciens dans laquelle, Paul écrit que le Seigneur vous fasse croître et abonder dans l’amour que vous avez les uns envers tous, Kechichian, lui, avance que “l’amour est une énergie, pas une masse inerte, pas une valeur ou un bien acquis. C’est le mouvement qui lui donne sens, non sa définition statufiée, son idole“. Et il poursuit : “s’il est une richesse, elle se dévalue de son non-usage, tombe en cendres dans les banques qui la referment et où elle est, tel un détritus paré de diamants, vénérée par la secte des Riches“.

Apprécions que l’auteur de ce Saint Paul ne laisse nullement de côté les questions qui fâchent telle celle de la place des femmes ou de celle de la sexualité. Kéchichian est croyant et c’est pourquoi cet ouvrage d’un homme de foi qui lisant Saint Paul affirme sa foi s’adresse de fait à tout humaniste. Ainsi par exemple, lorsqu’à la suite de Paul, “il invite ses interlocuteurs à établir un équilibre entre la vie intérieure et l’existence collective“ ne renvoie t-il pas à un fait à la fois basique et ô combien révolutionnaire aujourd’hui ?

Saint Paul, le génie du christianisme, Patrick Kéchichian, Point sagesses, 145 p. 6,50€.


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