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Protestation d’Avignon
Appel de plusieurs syndicats d’artistes

A l’occasion du festival d’Avignon, des syndicats et mouvements d’artistes lancent un appel pour dénoncer la baisse du budget de la Culture et la précarité des métiers.

Depuis cinquante ans, les gouvernements de la République ont décidé, malgré toutes les difficultés, de protéger et diffuser largement l’art et la culture. Depuis 2002, les gouvernements successifs font tout pour mettre un terme à cette politique. Les idéologues libéraux du gouvernement veulent que la puissance publique se retire de nos domaines, créations et actions culturelles, non seulement au niveau de l’Etat, mais aussi au niveau des collectivités territoriales, soutiens historiques de la décentralisation pour laisser le champ de l’art et de la culture aux seules lois du marché. Nos missions sont fondamentales pour la survie de notre société, pour fonder une autre vision du monde que celle des marchands d’argent. Elles créent du lien social, elles contribuent à l’émancipation des individus. Et du point de vue économique, notre poids est plus important que celui de l’industrie automobile, équipementiers compris. Le gouvernement veut diminuer les crédits de la Culture sur le budget triennal (2011-2012-2013), avec une forte baisse sur les crédits de la création dès 2011 ; elle s’ajoutera au gel de 5 %. La réforme des collectivités territoriales et la baisse de leurs dotations vont priver départements et régions, puis les villes, de ressources suffisantes et ainsi mettre en péril tout ou partie de leurs aides déterminantes. Les entreprises artistiques du spectacle vivant, lieux de théâtre, de danse, de musique, festivals, jeunes compagnies, ensembles musicaux, équipes artistiques des arts du cirque et des arts de la rue sont asphyxiés depuis des années. Nous refusons d’être conduits à la récession avec ses cortèges de licenciements.

Nous exigeons :
-  Une loi d’orientation pour définir la place de l’art et de la culture dans notre société.
-  Une nouvelle étape de la décentralisation, qui garantisse les ressources et l’autonomie fiscale des collectivités territoriales.
-  Le maintien puis le développement des budgets culturels de l’Etat et des collectivités territoriales.
-  Un plan de développement pour le soutien aux compagnies et aux structures de production, le rétablissement des capacités artistiques des lieux, la pérennisation et le développement des emplois artistiques et techniques, la prise en compte de la diversité des pratiques artistiques et culturelles. Ce plan doit aussi permettre de contrer l’inégalité culturelle grâce à l’élargissement des publics et un travail véritable et sincère d’éducation artistique.
-  La pérennisation du système d’assurance chômage des artistes et techniciens du spectacle vivant et de l’audiovisuel.
-  L’arrêt de la Révision Générale des Politiques Publiques.
-  La dissolution du Conseil de la création artistique, qui prive le ministère de la Culture de moyens importants pour le secteur de la jeune création et prétend cacher cette misère par des opérations superficielles et clinquantes.

Nous voulons une politique culturelle ambitieuse, ouverte sur l’Europe et l’international. D’autres choix que ceux du gouvernement sont possibles. Le bouclier fiscal et la baisse de la TVA pour la restauration ont privé l’Etat de 3 milliards d’euros de recettes, c’est à dire la totalité du budget du ministère de la Culture. Nous préférons le choix du sens et de la création. Nous voulons faire connaître nos refus et nos propositions, afin de contrer la mise en faillite de l’art et de la culture. Nous appelons les artistes, les responsables culturels, directeurs de lieux, de festivals, de compagnies, les membres des personnels permanents ou intermittents artistiques, techniques, administratifs et d’accueil, mais aussi les spectateurs, les élus à nous rejoindre pour défendre un autre service public mis à mal par le gouvernement actuel. Une baisse de 5 % des subventions d’Etat pour le spectacle vivant (-32 millions d’euros) représente 800 emplois permanents en moins, ou 2 400 intermittents qui perdent leur accès à l’assurance chômage et risquent de se trouver contraints de quitter leur profession . Ces chiffres seraient multipliés dans des proportions catastrophiques si les collectivités territoriales baissaient leurs subventions.

Appel de la CGT du Spectacle, de la CFE-CGC, du Syndicat National des Scènes Publiques, du Syndicat National des Entreprises Artistiques et Culturelles, de l’Union Fédérale d’Intervention des Structures Culturelles.

Témoignage Chrétien N° 3405 du 15 juillet 2010


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