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Les religions du livre contre la femme (3)

Cet article fait suite à « Le judaïsme contre la femme » et « Le christianisme contre la femme ».

3- L’islam

Ô vous, les croyants !
Vos épouses et vos enfants sont vos ennemis !
Prenez garde !
Coran, LXIV, 14.

Tout est dans le Coran

La vérité pour le musulman est dans le Coran. Tout doit sortir du Livre. En conséquence, pour savoir de quelle façon l’islam considère la femme, il suffit de le lire. L’édition utilisée est la traduction de D. Masson disponible dans la collection Folio. Il peut exister des petites différences de numérotation avec d’autres éditions.

La supériorité de l’homme et le fait qu’il a autorité sur la femme sont affirmés avec netteté :

Les hommes ont autorité sur les femmes,
en vertu de la préférence
que Dieu leur a accordée sur elle,
et à cause des dépenses qu’ils font
pour assurer leur entretien » (IV, 34).

Cette subordination de la femme s’explique, en particulier, par le fait que, si l’homme a été créé par Dieu, la femme est issue de l’homme. L’idée revient souvent (IV, 1 : XXX, 21 ; XLII, 11, etc.). Une certaine futilité se rattache aux personnes du sexe (XLIII, 18) : « Eh quoi cet être qui grandit parmi les colifichets et qui discute sans raison !… »

Dieu souhaite que le mariage demeure sous le signe de l’amour et de la bonté. Cette autorité dont l’homme dispose l’autorise cependant à frapper sa compagne en cas de faute grave.

Admonestez celles dont vous craignez l’infidélité ;
reléguez-les dans des chambres à part et frappez-les.
Mais ne leur cherchez pas querelle,
si elles vous obéissent.
– Dieu est élevé et grand – (IV, 34).

Adultère : deux poids deux mesures

La question de l’adultère masculin n’est pas une question sur laquelle le Dieu qui s’exprime dans le Coran juge utile de s’attarder. Mais l’adultère, quand il s’agit de la femme, donne lieu à de nombreuses mentions. Cet extrait de la sourate IV indique la marche à suivre si l’adultère est confirmé par quatre témoins :

S’ils témoignent :
enfermez les coupables jusqu’à leur mort,
dans les maisons,
à moins que Dieu ne leur offre un moyen de salut » (IV, 15).

La lapidation pour ce type de situation n’est pas prévue par le Coran. Il n’existe aucun verset sur ce point. Elle est pratiquée en fonction d’éléments figurant dans le Hâdith (recueil évoquant des paroles ou des actes de Mahomet ou de ses compagnons). Ces passages laissent penser que Mahomet n’y était pas vraiment favorable, mais qu’il a laissé faire (il a détourné les yeux).

Le Coran correspond donc à un progrès par rapport à la loi mosaïque où l’adultère était puni de mort par lapidation. Convaincue d’adultère, la femme musulmane est seulement condamnée à une claustration à vie.

La flagellation, par contre, est bien prévue par le Coran. C’est l’un des points où règne une stricte égalité entre les sexes puisque chacun des coupables reçoit cent coups de fouet.

Frappez le débauché et la débauchée
de cent coups de fouet chacun.
N’usez d’aucune indulgence envers eux
afin de respecter la Religion de Dieu ;
– si vous croyez en Dieu et au Jour dernier –
un groupe de croyants sera témoin de leur châtiment (XXIV, 2).

L’homme jouit d’une plus grande liberté, mais avec tout de même quelques restrictions.

Vous sont interdites :
les femmes mariées de bonne condition
à moins que ce ne soient vos captives de guerre (II, 221).

Ou encore :

Il ne t’est pas permis de changer d’épouse
ni de prendre d’autres femmes,
en dehors des esclaves
Même si tu es charmé
par la beauté de certaines d’entre elles.
– Dieu voit partout toute chose – (XXXIII, 52).

Les esclaves ne comptent pas. Si un musulman n’a pas les moyens de s’offrir une femme de condition, il peut épouser une esclave. Il aura besoin de l’autorisation de sa famille et lui demandera de se convertir.

N’épousez pas de femmes polythéistes,
avant qu’elles croient.
Une esclave croyante vaut mieux
qu’une femme libre et polythéiste
même si celle-ci vous plaît » (II, 221).

Dans le cas où l’esclave commet une action infâme, sa peine correspond à la moitié de ce qui serait infligé à une femme libre. Pour les femmes du Prophète, le châtiment est multiplié par quatre (le double du double) :

Ô vous, les femmes du Prophète !
Celle d’entre vous qui se rend coupable
d’une turpitude manifeste,
recevra deux fois le double du châtiment.
Cela est facile pour Dieu (XXXIII, 53).

La polygamie

En ce qui concerne la polygamie, on avance souvent le fait que Mahomet a commencé par être monogame. Il l’a été avec sa première femme parce qu’il pouvait difficilement faire autrement. Elle était riche. Il était pauvre. Elle était plus âgée que lui de quinze ans et décida de le prendre sous son aile. Le jeune protégé n’avait sûrement qu’une faible marge de manœuvre et sa monogamie ne résultait sans doute pas d’un choix. Après la mort de Khadidja, il reste fidèle à sa deuxième femme, mais les choses changent quand il quitte La Mecque. On cite aussi souvent ces versets :

Si vous craignez de ne pas être équitable à l’égard des orphelins… Épousez, comme il vous plaira, deux, trois ou quatre femmes. Mais si vous craignez de n’être pas équitable, prenez une seule femme ou vos captives de guerre. Cela vaut mieux pour vous, que de ne pas pouvoir subvenir aux besoins d’une famille nombreuse (IV, 3).

Il faut tout d’abord remarquer que la limitation du nombre de femmes ou sa réduction à l’unité ne sont envisagées que dans une perspective économique. En d’autres termes, cela signifie : si vous êtes riche, et si vous pouvez assurer une condition décente à votre descendance, vous pouvez avoir autant de femmes que vous voulez.

Mahomet, après son départ pour Médine, ne va pas s’en priver. La tradition s’arrête au chiffre de onze épouses, y compris les deux premières dont il vient d’être parlé. D’autres exégètes vont jusqu’à treize. Ce chiffre ne prend pas en compte les concubines, en d’autres termes les esclaves, dont le nombre exact n’est pas connu.

Pour ce qui est des enfants, il faut noter une évolution importante par rapport aux sociétés du temps y compris La Mecque. On enterrait parfois les filles à la naissance quand on n’était pas sûr de pouvoir leur assurer un avenir. On le dit peu, mais cela pouvait aussi arriver aux garçons, moins souvent il est vrai. Le Coran condamne cette pratique :

Ne tuez pas vos enfants par crainte de la pauvreté. Nous leur accorderons leur subsistance avec la vôtre. Leur meurtre serait une faute énorme (XVII, 31).

Le Coran est donc favorable à la polygamie, sans autre restriction qu’économique. Son enseignement sur ce point peut se ramener à une seule phrase : n’épouse et n’engendre que si tu en as les moyens. La femme en tant que personne n’est pas considérée. Elle est une génitrice. Elle allaitera deux ans, sauf si d’un accord commun, on décide de sevrer l’enfant (II, 233).

La répudiation

Comme c’est le cas pour la loi mosaïque, l’homme peut se défaire de son épouse par la répudiation. On peut même noter un progrès par rapport à ce texte plus ancien. La répudiation peut être prononcée deux fois, ce qui signifie qu’il existe une possibilité de réconciliation. Cette hypothèse n’est pas envisagée dans la loi mosaïque. L’acte de répudiation y est sans appel. Le musulman peut reprendre sa femme et la rejeter à nouveau.

La répudiation peut être prononcée deux fois. Reprenez votre épouse d’une manière convenable, ou bien renvoyez-la décemment. […] S’il la répudie, Et qu’ensuite, tous deux se réconcilient, aucune faute ne leur sera imputée, à condition qu’ils croient observer ainsi les lois de Dieu (II, 229 et 230).

Cette réconciliation est considérée comme un bien. La répudiation implique l’existence d’une faute que le mari juge grave.

Craignez Dieu, votre Seigneur ! Ne les chassez pas de votre maison et qu’elles n’en sortent pas, à moins d’avoir commis une turpitude manifeste (LXV, 1).

La sourate d’où est tiré ce texte est intitulée La répudiation . Elle précise les délais d’attente, demande d’appeler deux témoins et insiste sur la nécessité pour le mari d’offrir à ses épouses des conditions de vie convenables. Un passage d’une autre sourate (IV, Les femmes) demande de ne pas marquer trop de différence entre les différentes femmes même si on en a le désir (IV, 129). Un tel précepte, se trouvait déjà dans l’Exode (XXI, 10) qui précisait qu’il ne fallait pas prendre en compte les différences de condition pour ce qui est du comportement avec les différentes femmes.

Le Coran autorise donc cet acte unilatéral qu’est la répudiation. Aucune mention d’un divorce avec présence d’une tierce personne et établissement d’un accord. Cela dit, la répudiation ne peut être le fruit d’un caprice. Il suppose une faute grave, attestée. À cette occasion, il est rappelé que si l’homme a des droits, il a aussi des devoirs : un comportement convenable et la nécessité d’assurer aux épouses des conditions de vie décente.

Modestie et discrétion

La femme doit avoir comme qualité suprême, la modestie, la discrétion.

Dis aux croyantes :
de baisser leurs regards,
d’être chastes,
de ne montrer que l’extérieur de leurs atours,
de rabattre leurs voiles sur leurs poitrines,
de ne montrer leurs atours qu’à leurs époux,
ou à leurs pères, ou aux pères de leurs époux,
ou à leurs fils, ou aux fils de leurs époux,
ou à leurs frères, ou aux fils de leurs frères,
ou aux fils de leurs sœurs,
ou à leurs servantes ou leurs esclaves,
ou à leurs serviteurs mâles incapables d’actes sexuels,
ou aux garçons impubères.

Dis leur encore de ne pas frapper le sol de leurs pieds pour montrer leurs atours cachés (XXIV, 31).

Cette modestie doit rester de mise au paradis :

Ils seront couverts d’honneurs
dans les Jardins du Délice,
placés sur des lits de repos se faisant vis-à-vis.
[…]
Celles qui ont de grands yeux
et dont les regards sont chastes
se tiendront auprès d’eux,
semblables au blanc caché de l’œuf » (XXXVII, 42-44, 48-49).

Le voile

Le voile est associé à cette nécessité de réserver ses charmes à son mari, plus encore de ne pas être un objet de tentation. L’origine des recommandations sur le voile semble provenir des problèmes rencontrés, par Mahomet à Médine. Il n’en reste pas moins que les injonctions du Coran sont de nature divine et valable pour toutes. Dieu dit :

Ô Prophète !
Dis à tes épouses, à tes filles
et aux femmes des croyants
de se couvrir de leurs voiles :
c’est pour elles le meilleur moyen
de se faire connaître
et de ne pas être offensées.
– Dieu est celui qui pardonne,
il est miséricordieux – (XXX, 59).

L’entourage n’est pas concerné :

Nul reproche à faire aux femmes du Prophète
si elles apparaissent dévoilées
devant leurs pères, leurs fils, leurs frères,
les fils de leurs frères,
les fils de leurs sœurs
et devant leurs femmes et leurs propres esclaves.
– Qu’elles craignent Dieu,
Dieu est, en vérité, témoin de tout (XXXIII, 55).

Toujours l’impureté

Pour être complet, il faut noter que l’idée d’une impureté se rattachant aux menstruations se retrouve comme dans la loi mosaïque mais avec beaucoup moins d’importance. Il semble que l’interdit ne porte que sur les relations sexuelles.

Ils t’interrogent
au sujet de la menstruation des femmes ;
dis :
“C’est un mal.
Tenez-vous à l’écart des femmes
durant leur menstruation ;
ne les approchez pas, tant qu’elles ne sont pas pures” (II, 222).

Inégalité dans l’héritage

L’infériorité de la femme se marque aussi en matière d’héritage. La part du garçon est le double de celle de la fille.

Quant à vos enfants
Dieu vous ordonne d’attribuer au garçon
une part égale à celle de deux filles (IV, 11).

Cette lecture du Coran permet de constater un progrès par rapport aux temps primitifs qui ont précédé. On ne tue plus la femme adultère. On ne tue plus les enfants par crainte du dénuement. Les règles de l’impureté par rapport à la femme sont considérablement réduites. Cela étant dit, il reste beaucoup à faire.

Résumons en laissant de côté les esclaves. La femme est un être inférieur qui doit vivre dans l’effacement. Elle obéit à son mari polygame. Il a droit de la frapper en cas de faute grave. Il peut aussi la répudier. Elle vit voilée sauf pour son entourage proche. En cas d’adultère, son mari pourra la maintenir dans un état de claustration absolue jusqu’à la fin de ses jours. Sa part d’héritage sera la moitié de la part d’un héritier mâle. À part ça, elle est l’égale de l’homme.

Des différences mais une vérité de fond

Les comportements des peuples par rapport à l’enseignement du Coran diffèrent. Le voile peut être une burka qui ne laisse rien voir ou une simple coiffe. En Afrique noire, les femmes ne portent d’ailleurs pas le voile et dans l’Afrique traditionnelle, elles continuaient d’aller poitrine nue. À un missionnaire demandant de cacher ces seins que l’on ne saurait voir, l’une d’elles répondit : On n’est pas des prostituées ! Il est possible que la même réponse ait été faite à un imam.

Dans Le Sexe d’Allah, Martine Gozlan cite une essayiste marocaine, Fatima Mernissi dont la thèse est simple. Mahomet aimait les femmes au point qu’on pourrait dire qu’il était féministe. Tous les versets hostiles à la femme sont dus à la pression d’Omar ou à son intervention dans le texte du Coran.

Omar était un chef de clan mecquois qui a commencé par traiter Mahomet de fou et par courir le jupon avant de se convertir. De nature fruste, colérique, bagarreur, sévère à l’encontre des femmes, il succéda à Mahomet comme porte-flambeau de l’islam et c’est à lui que l’on doit l’établissement du texte officiel du Coran. Ce serait donc lui qui aurait été à l’origine de tous les textes défavorables aux femmes qui viennent d’être évoqués et non Mahomet, homme sensuel et doux.

Ce transfert de responsabilité est sans intérêt. Laissons de côté le fait que la thèse ne repose que sur des conjectures. Laissons de côté aussi le fait qu’il y a dans la vie de Mahomet, des actes en direction de différentes femmes que je n’ose pas évoquer ici par crainte de représailles. Ceux qui se réfèrent au Coran ne se posent pas la question de son origine. Ils le présentent comme un texte intangible par lequel s’exprime la parole de Dieu. Qu’il ait été constitué de bric et de broc comme la Torah ou le Nouveau Testament, qu’il résulte de discussions entre théologiens pour savoir quelle version il fallait garder (il y en avait plusieurs), quel passage était bon et quelle autre ne l’était pas, tout cela n’intéresse pas les intégristes. Pour eux, le Coran exprime la Loi. Une Loi qui doit être appliquée strictement. Hors de ce Texte sacré point de salut. J’entre donc dans cette logique et mon exposé se limite à exposer ce qui est dit en toutes lettres et à en dégager le principe.

Il existe des différences. La Tunisie n’est pas le Pakistan. Et encore moins l’Arabie saoudite ou le Koweït où les femmes n’ont pas le droit de vote. Ce tableau permet cependant aux femmes de comprendre ce que leur promettent les fondamentalistes puisque ceux-ci veulent revenir à la lettre du Livre sacré. Dans certains cas, des gouvernements qui ne sont pas islamistes renchérissent sur le Coran. À titre d’exemple, le droit de la famille en Algérie que les féministes appellent le droit d’infamie. Le fait qu’une religion ne soit plus partie prenante du gouvernement ne l’empêche pas d’être présente dans les cœurs des gouvernants. Pour la femme, une vérité demeure. À l’intérieur des Églises point de salut.


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