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La vie devant soi
Montreurs d’ours et autres gens de théatre... la chronique de Claude Chanaud

Parce que les moments d’intense émotion sont rarissimes, il faut aller au théâtre de L’ŒUVRE avant cette fin d’année. Vous y verrez ridiculiser tous les racismes en moins de deux heures, et en sortirez clair dans la tête et serein dans le cœur. Même s’il pleut.

Le théâtre de Gérard MARO a repris LA VIE DEVANT SOI. Tous les bonheurs possibles accompagnent cette aventure car de multiples récompenses ont assuré la notoriété de cette pièce dont Myriam BOYER est toujours l’interprète majuscule et émouvante sous le nom de Madame ROSA. Son entourage est de très grande qualité et Didier LONG un metteur en scène heureux. Ici, les rires servent de ponctuation à l’émotion.

Pour ceux d’entre vous qui avez oublié le thème de Romain GARY, je rappelle qu’une ancienne prostituée, juive et polonaise, immigrée et sans papiers, élève les enfants de ses jeunes collègues en activité sans se soucier des couleurs de peau ni des religions. Il est juste de dire qu’elle se fout également des frontières. Ce qui la rend aussi sympathique (au sens original et originel du terme) qu’elle a dû être désirable au temps où son terrain professionnel allait de la rue Blondel à la rue Saint-Denis.

Et pourtant, cette mécréante pratique quelques vieux rites de sa lointaine enfance, tout en élevant Momo le petit arabe abandonné qu’elle a adopté dans son cœur après l’avoir recueilli dans son antre. Lui, c’est le très prometteur Aymen SAÏDI.

N’ayant pas l’habitude de narrer les dramaturgies par le menu, ni d’annoncer leurs chutes, je vous relate simplement le bonheur des spectateurs, les rappels insatiables et l’émotion partagée. C’est ainsi que je m’aventure à prédire votre éventuelle prochaine soirée rue de Clichy. Afin de l’aborder bien informé, il n’est pas inutile de vous souvenir que le roman de Romain GARY (sous le pseudonyme d’Emile Ajar) avait obtenu le Prix Goncourt.

Et que c’est Xavier JAILLARD qui en a fait l’adaptation pour le théâtre, ce qui fit un MOLIÈRE de plus pour LA VIE DEVANT SOI. Vous retrouverez cet homme de théâtre sur la scène dans le rôle aussi fort que discret du Docteur Katz. Même observation pour Magid BOUALI, très crédible père de MOMO à la foi retors et chahuté par la vie.

Voilà un moment de théâtre aussi bouleversant que son thème est nécessaire dans le monde d’aujourd’hui. Et ne l’oublions pas, près de chez nous. Evidemment.

Romain Gary (1914-1980), Prix Goncourt pour Les racines du ciel en 1956, a obtenu un 2e Prix Goncourt en 1975, sous le pseudonyme d’Emile Ajar, pour La vie devant soi. Son véritable nom est Romain Kacew


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