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"La situation désespérée du présent me remplit d’espoir"
Valère Staraselski a lu le dernier ouvrage de Dany-Robert Dufour

« Et voilà que les trois délires mortifères que nous avons connus au XXème siècle réapparaissent en notre siècle sous des formes nouvelles ». Dans son dernier ouvrage paru, La situation désespérée du présent me remplit d’espoir », (phrase reprise à Karl Marx), Dany-Robert Dufour constate : « Fondé sur l’instabilité, le délire occidental détruit les bases mêmes de la vie sur terre ». Et le principal obstacle auquel se heurtent celles et ceux qui entendent œuvrer pour une commune humanité (impliquant l’égale dignité des hommes) consiste, selon Dany-Robert Dufour, à cette pénétration « dans les esprits, y compris de gauche, de la culture néolibérale » et par conséquent s’ensuit « la liquidation du sujet critique au profit de l’individu consommateur ».

Mais à ce délire, l’auteur en adjoint deux autres qui tendent, en un triumvirat, à former un système où on ne sort de l’un que pour entrer dans l’un des deux autres. Le délire théofasciste de l’islamisme djihadiste qui oppose la pureté absolue, donc la mort et le délire identitaire néo fasciste qui se présente comme le seul rempart contre les deux autres.

Le tableau dressé par Dufour des garde-fous démocratiques (Etat, Université, médias) est éloquent. Ainsi, puisque cette recension paraît sur un site d’opinion, lisons ceci :
« On peut ainsi douter que l’information, si indispensable en démocratie, soit bien servie par des entrepreneurs puisque ceux-ci ne visent avant tout qu’à se placer au mieux sur un marché, le marché de l’opinion. Ce qui leur permet alors de disposer de moyens de pression puissants sur le pouvoir étatique. Pouvoir qu’en « démocratie » on sait sensible à l’opinion et à ses mouvements. Ajoutons à cela que ces entrepreneurs peuvent très bien ne pas placer tous leurs œufs dans le même panier. Et, de fait, quelqu’un comme Patrick Drahi, troisième fortune de France, peut posséder à la fois le quotidien Libération et un hebdo, L’Express, qui n’agitent pas des drapeaux de même couleur politique. Mais peu importe : il y a des parts de marché à capter dans le lectorat « bourgeois centriste, moderniste et atlantiste ». Et, demain, s’il y a des parts à capter dans l’audience facho, le même proprio poussera probablement ses pions pour faire tomber des titres et des médias d’extrême droite dans son escarcelle ».

Et cela encore : « Ceux des « essayistes » qui poussent à réfléchir en sortant des sentiers battus à gauche ou à droite seront exclus du débat. Trop compliqué. On préfèrera laisser la parole aux bateleurs qui se jettent dans le cirque médiatique en épousant les supposées pensées des groupes expressément prévus par le marketing. Exit, donc la pensée qui n’épouse pas les doxas dominantes et exige pour se déployer nuances, finesse, argumentations et démonstrations serrées. De cette dictature imposée par le marketing s’ensuit l’incapacité tragique de la presse actuelle à organiser de vrais débats ».

Dans un monde, où le capitalisme façonne, modèle à son image l’individu, nul humaniste ne peut ignorer le travail de Dany-Robert Dufour qui, ouvrage après ouvrage, s’attache à construire « une anthropologie du capitalisme qui débouche sur une vision globale et progressiste ».

La situation désespérée du présent me remplit d’espoir ; Face à trois délires politiques mortifères ; L’hypothèse convivialiste. Edition Bord de l’eau, 2016. 210 p, 17€.

A lire également sur le site : rencontre avec Dany-Robert Dufour à la Fondation Gabriel Péri.


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