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La presqu’île du non–droit
Par Robert CHARVIN

A la crise financière, s’ajoute une lourde crise économique et sociale : tous les jours, il y a licenciement, mise au chômage technique, surendettement…On ne parvient même pas à assurer la vie des SDF !

Mais tout ne va pas mal. On constate même au Cap Ferrat tout près de Nice que tout va bien…pour certains. Car quand le bâtiment va, dit-on, tout va ! Des villas s’achètent et se revendent très vite. Quelques prix, en passant, si certains lecteurs sont intéressés : 83 millions d’euros, 115 millions, 120 millions, 500 millions……. Les acquéreurs sont le plus souvent Russes ( le capitalisme à enfin « moralisé » cette Union Soviétique qui se portait si mal !), Irlandais ou Anglais. Quelques avocats servent d’intermédiaires, plus souvent que les notaires, car les acquéreurs sont officiellement des sociétés civiles immobilières basées dans les paradis fiscaux : l’opacité est complète. On ne sait quel est l’origine des fonds qui permettent les transactions.

Les travaux d’extension se multiplient : les anciennes villas à 8 millions d’euros, 10 millions, etc., étaient trop modestes pour cette nouvelle clientèle venue de l’ex pays des Soviets ou du monde anglo saxon !

Le prix moyen du m² est le plus élevé du monde : 44 milles euros ! Presque 3 ans de SMIC pour pouvoir s’offrir 1 m²…

Monsieur le sénateur-Maire de St Jean Cap Ferrat est ravi, malgré l’abondance des permis de construire et des déclarations de travaux qui submerge les services municipaux : « tout cela donne du travail aux ouvriers et alimente les caisses de la commune », en bref, tout serait entrepris pour assurer l’intérêt général ,en même temps que le bonheur des nouveaux propriétaires.

La réalité est différente. Les associations qui entendent protéger le site exceptionnel qu’est le Cap Ferrat, remportent de petites victoires, mais subissent de lourdes défaites. Les plaintes s’accumulent devant la justice sans grand résultat.

Si les pouvoirs publics se plaignent d’une justice trop permissive pour les jeunes de banlieue, ils ne semblent pas s’inquiéter des procédures inefficaces contre les milliardaires du Cap Ferrat pour qui la légalité n’est qu’une vaste plaisanterie.

Le site du Cap Ferrat est officiellement un site « classé » et « protégé », mais la légalité n’a guerre d’importance pour ces propriétaires dont les coffres-forts débordent d’euros d’origine incertaine. Le code de l’urbanisme est d’une grande « flexibilité », y compris, semble t-il, pour les autorités publiques qualifiées « d’indifférentes » par le Président de l’association de défense de l’environnement du Cap Ferrat, selon le journal le Monde.

En bref, on spécule dans l’illégalité pour accumuler des capitaux,on les met à l’abri dans les paradis fiscaux, on les blanchit sur la Côte : tout est bien dans le meilleur des mondes capitalistes ; ces brillants « gagneurs » de la France peuvent de surcroît s’offrir des élus et des polices privées à des prix modestes ! Ces pratiques sont une tradition sur la Côte, ou, malgré l’ existence discrète d’une Faculté de Droit, la légalité n’a jamais préoccupé les notables et leurs amis.

Le Procureur Eric de Mongolfier a raison lorsqu’il nous dit : « au-delà d’un certain niveau de revenu, vous avez tendance à vous considérer au dessus des lois ».

Il convient d’ajouter : sur la Côte, la légalité qui s’impose, c’est celle qui contraint les pauvres !


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