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"La géographie, ça sert d’abord à faire la guerre"

La réédition de ce livre permet à Yves Lacoste de revenir sur son parcours, son travail, sa conception de la géographie, grâce à une préface inédite et aux commentaires des textes parus en 1976.

« J’ajouterai que les militants et les intellectuels « de gauche » font preuve depuis longtemps et encore aujourd’hui d’une sorte de méfiance à l’égard de la carte et du raisonnement géographiques, lorsqu’ils ont à agir ou à raisonner sur un territoire : comme s’ils sentaient qu’un raisonnement stratégique était intrinsèquement « de droite », comme si l’emploi d’une carte ne pouvait qu’être le fait des militaires, ce qui a été très longtemps le cas. La Révolution française fut sans doute une des rares périodes où de jeunes chefs révolutionnaires (de petits employés, des cabaretiers, des séminaristes...) se révélèrent soudainement capables de raisonner sur un territoire et d’observer un paysage, pour y concevoir des tactiques et même des stratégies afin d’y conduire les troupes (surtout d’anciens paysans) qu’ils étaient chargés de commander. Comme si l’exercice d’un commandement faisait comprendre comment devant un paysage (ils n’avaient guère de cartes), on devait manœuvrer. En revanche, Bonaparte était un officier ayant fait des études d’artilleur et était un remarquable mathématicien. Mais en 1871, pendant la Commune de Paris les chefs « communards » firent de tragiques erreurs tactiques.

C’est Elisée Reclus, grand géographe et grand penseur libertaire, qui, le premier, a estimé que le rôle d’un géographe était d’aider ses concitoyens à mieux savoir penser l’espace, « leur espace » (on dirait aujourd’hui leur territoire) pour y vivre mieux et surtout pour s’y défendre plus efficacement. Mais en France, déjà à cette époque, une notable partie de la population ne vivait plus dans un seul lieu. Et, de nos jours, tous les gens vivent dans des espaces dissemblables de dimensions très différentes, ce qui contribue à entraver la perception globale, aux différentes échelles, de ces espaces. »

Extrait du commentaire du texte "Un savoir stratégique laissé aux mains de quelques-uns" mis en ligne avec l’aimable autorisation des éditions La découverte

" La géographie, ça sert d’abord à faire la guerre ", d’Yves Lacoste réédité, complété d’une longue préface inédite et des commentaires contemporains de l’auteur. Editions La découverte. 20 euros.


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