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Jaurès panthéonisé, Jaurès « modernisé » ?
Par René Merle

2009, année Jaurès, (à l’occasion du cent cinquantième anniversaire de sa naissance). Un Jaurès depuis longtemps honoré dans la plupart des localités françaises (sauf sous Pétain qui fit débaptiser rues, places et écoles), mais toujours mal connu, en dépit des travaux de la Société des Études jauressiennes et des Cahiers Jaurès http://www.jaures.info/.

Année Jaurès donc. La France politique et officielle, volontiers mais très sélectivement commémoratrice, s’y retrouve presque unanimement, dans un éventail de citations censées mettre les valeurs jauressiennes au service d’engagements parfois inattendus. À preuve, l’affiche fraîchement apposée dans son Tarn natal, à l’occasion des élections européennes de juin 2009. Le portrait du tribun, tranquillement légendé « Jaurès aurait voté front national », est accompagné de la fameuse citation : « À celui qui n’a plus rien, la patrie est son seul bien ».

Notre actuel Président avait largement ouvert le feu lors de la campagne présidentielle de 2007 : en truffant ses discours de références au grand socialiste, caution sociale en matière de travail, de justice, voire d’égalité, le candidat prenait à contre-pied la Gauche dite de gouvernement, qui regardait plutôt ailleurs (Cf., publié à chaud, l’article du directeur des Cahiers Jaurès, Gilles Candar : « Jaurès en campagne ».) http://cvuh.free.fr/spip.php?article121

Peu auparavant, en cette année 2005 qui vit la victoire du NON au référendum européen, la direction du PS n’avait pas hésité à manipuler la célèbre photo du meeting pour la paix du Pré Saint-Gervais (1913) : ce n’était plus à la hampe du drapeau rouge que se tenait le grand ancêtre, mais à celle du drapeau européen, sous-entendu le drapeau du OUI... Et en 1998, le centenaire de J’accuse avait permis aux Belles Âmes d’opposer l’engagement dreyfusard de Jaurès à la cécité de Guesde : au lendemain de la bombe Zola, alors que le Parti Ouvrier de France de Guesde renvoyait dos-à-dos les deux factions bourgeoises également hostiles à la cause du Prolétariat, Jaurès avait entraîné les socialistes du côté de la défense du droit, contre les éléments les plus réactionnaires de l’état bourgeois.

Cet hommage à Jaurès n’était pas sans arrière-pensées, trois ans après les grandes grèves de 1995 ; à travers la condamnation de Guesde, il ciblait, en fait, ces « conservateurs » encombrés « d’oripeaux du marxisme » (comme on l’écrit dans Le Figaro, mais pas seulement dans Le Figaro), ces « fossiles politiques » qui refusent la « « modernité » consensuelle de la droite et de la gauche dites de gouvernement. Suivez mon regard...

Mais laissons là ces récupérations intéressées, pour en évoquer de plus sincères et de plus pertinentes.

Le centenaire de la loi de séparation de l’église et de l’état (1905), les récents débats sur la laïcité, ont mis en avant le rôle de Jaurès, et de son journal L’Humanité pour une laïcisation de la société française. Cette laïcisation, qui n’était pas lutte athéiste, débarrassait le champ politique d’affrontements stériles au sein du peuple et permettait de le mobiliser pleinement pour les nécessaires réformes scolaires et sociales. Le tout récent débat sur le statut des langues régionales a permis également d’évoquer les positions ouvertes et démocratiques de Jaurès en la matière. [1]

Pour autant, c’est sur le traitement du débat d’orientation Jaurès - Guesde sur la stratégie des socialistes que je voudrais focaliser ici. À l’occasion encore de récents anniversaires (création de L’Humanité par Jaurès en 1904, fusion des organisations socialistes dans le Parti socialiste Section française de l’Internationale ouvrière en 1905), ce débat, majeur s’il en est, a sérieusement sollicité « la Gauche », tant il renvoie à des démystifications du passé comme à des questionnements sur la crise actuelle de cette Gauche. [2]

Ce rappel du débat, et souvent sa découverte, risquaient d’être faussés par l’ignorance assez générale (en dehors du monde des historiens) sur ce qu’était, à la charnière des deux siècles, le mouvement socialiste, dans ses héritages, sa diversité, son cheminement.

De nombreuses études sont donc revenues sur cette donne pour éviter tout placage artificiel de cette situation sur la nôtre. On lira par exemple la communication (2006) de l’historien Raymond Huard aux rencontres de l’Institut Gabriel Péri « L’unité socialiste en 1905... ».http://www.gabrielperi.fr

On pourra aussi, pour aller vite, se reporter au tableau des courants socialistes placé à la fin de cet article.

À qui en aurait l’envie et la patience, on ne saurait trop recommander de découvrir, sans a priori, cet extraordinaire réseau de militants qui, de la Commune à la guerre de 1914, anima le mouvement socialiste et ouvrier, militants dont la violence (verbale) souvent révolutionnaire étonne ou stimule aujourd’hui. De ce réseau, dont Jaurès est inséparable, émergeront des fidélités et des destins divergents, voire des reniements. Mais il n’est pas question ici de distribuer le blâme et l’éloge, de juger des hommes engagés sur un terrain neuf, ou presque : les expériences de la Seconde République et de la Commune étaient plus pour eux des souvenirs vénérables que des référents pour l’action. Comment donc se présentait la stratégie socialiste dans ces premières années 1900, et quelle place y tenait Jaurès ?

Pour rendre hommage à une lumineuse figure de militante, voici la situation telle que la présentait Madeleine Pelletier [3] :

« Lorsque j’entrais, il y a plus de quatre ans, à l’unité, il y avait à ma section, deux fractions différentes.
À droite, étaient les jauressistes qui concevaient le socialisme plutôt comme un radicalisme avancé que comme une subversion totale de la société capitaliste. Ils étaient pour toutes les réformes susceptibles de donner à la classe ouvrière, soit un peu de bien-être réel, soit même l’illusion d’une amélioration de son sort. Au point de vue tactique, ils étaient des partisans absolus de la collaboration radicale, la décision de Congrès qui empêche les députés socialistes de devenir ministres dans la société présente suscitait leur réprobation. À gauche étaient les guesdistes, vrais socialistes, ceux-là, hommes de doctrine et mettant au premier plan la lutte du prolétariat, en tant que classe, contre la classe bourgeoise. Bien que révolutionnaires, ils restaient parlementaires, voyant en l’action électorale et en la conquête des sièges municipaux, départementaux, législatifs, un moyen à la fois de propagande et de puissance pour le Parti. Mais ils opposaient un veto absolu à l’entrée d’un socialiste au ministère, pensant que, si à la Chambre, on peut encore être un homme d’opposition, au ministère, on ne saurait être que gouvernemental, c’est-à-dire antisocialiste. J’optais pour le guesdisme, et je puis dire que j’y suis restée, car je n’ai jamais varié sur ce que cette tendance socialiste considérait comme ses principes essentiels.
Mais quand on est une femme qui prétend penser et essayer de faire prévaloir sa pensée par les moyens qu’emploierait un homme sans croire devoir être tenue de s’effacer et de s’humilier devant le sexe dit fort, le Parti socialiste n’est pas précisément un lit de roses.
Une nouvelle tendance, l’hervéisme, naissait alors et elle s’annonçait batailleuse, pleine de cet entrain qui semblait abandonner les guesdistes. Puisée dans l’actualité, son opposition était plus vivante ; alors que dans ma tendance, on paraissait ne livrer qu’un combat de doctrines, un abstrait antagonisme de système collectivisme à système capitaliste, dans l’hervéisme, on s’en prenait aux institutions, au régime, aux hommes qui l’incarnaient. On parlait d’organiser révolutionnairement l’élite du prolétariat, de former des militants vraiment capables de conduire à la victoire le mouvement insurrectionnel si les évènements le suscitaient. Je vis en l’hervéisme la puissance révolutionnaire et j’y allai. »

Ce réformisme de Jaurès n’avait cependant rien d’un réformisme béat, arrondissant les angles. Pour ne prendre qu’un exemple, Jaurès était, au-delà des belles déclarations de principe, un des rares dirigeants socialistes résolument engagés en faveur du vote des femmes pour lequel militait Madeleine Pelletier.

Après avoir contribué à la victoire électorale de la gauche radicale en 1902, Jaurès n’avait pas renoncé pas à sa politique de soutien critique aux gouvernements radicaux. Il convenait de donner leur chance aux radicaux pour prouver que le socialisme était la suite logique de cette expérience positive, mais limitée. Après bien des hésitations, l’unité des courants socialistes lui était apparue nécessaire pour se positionner clairement par rapport aux radicaux, et faire pression en faveur des réformes démocratiques et sociales. Cette unité, appuyée sur le socle du monde ouvrier, devait permettre de gagner les masses rurales et la petite bourgeoisie, « bloc de classe » qui transcendait le seul prolétariat. La victoire électorale de ce socialisme était inéluctable. Jaurès, qui l’annonçait en 1898 pour les dix ans à venir, devra vite revoir ses prévisions, mais sans changer de cap.

On sait quelle dure et provocatrice politique de répression mènera le gouvernement Clémenceau (1906-1909). Hervé le révolutionnaire exalté, comme de leur côté les dirigeants de la CGT, et plus modérément bien des Guesdistes, dénonçaient alors ce qu’ils estimaient être la grande duperie de l’union républicaine dreyfusarde et de soutien aux radicaux : une fois écarté le péril réactionnaire, le prolétariat qui lui avait fait barrage recevait en remerciement mises à pieds et fusillades... Dans sa nécessaire opposition à Clemenceau et à ses successeurs, Jaurès n’en continuera pas moins à soutenir toutes les réformes sociales, même modestes : premières retraites ouvrières (Guesde et Vaillant s’abstiennent), projets de régulation étatique des dramatiques conflits sociaux, etc... Quoi qu’il en soit, entre ces Jauressistes logiquement réformistes et ces Guesdistes intransigeants sur les principes, mais en fait opportunistes, Jaurès, enraciné dans sa circonscription ouvrière et paysanne du Tarn, a représenté alors pour beaucoup de Français la vraie espérance socialiste. La haine qui s’accumulait contre lui était à la mesure de cette espérance. Depuis la mort de Jaurès, bien des réformistes ont proclamé que son courant était dans le vrai : à travers les expériences du Cartel des Gauches, du Front Populaire, de la Libération, de l’Union de la Gauche mitterrandienne, de la Gauche plurielle jospinienne, c’est à ce réformisme réaliste que, de gré ou de force, avaient fini par se rallier ceux qui le combattirent si vigoureusement, guesdistes, puis communistes. Mais cet éclairage du passé à la lumière ( ?) des événements et engagements ultérieurs ne saurait concerner Jaurès. Son destin reste suspendu au coup de feu du Café du Croissant le 31 juillet 1914, à la veille immédiate du conflit. Bien audacieux sont ceux qui pensent savoir comment Jaurès aurait vécu les engagements socialistes ultérieurs. Si certains de ses amis, comme le vieux et respecté communard Camélinat, choisirent en 1920 l’adhésion à l’Internationale communiste, beaucoup préférèrent la neutralité ou l’opposition, et se retrouvèrent à la SFIO... Les choix furent d’ailleurs aussi variés chez les Guesdistes, (Guesde au premier chef qui s’opposa aux communistes). La guerre était passée par là.

Cette guerre que Jaurès n’avait cessé de craindre et de dénoncer....

Résolument hostile à la politique marocaine des radicaux, bien plus lucide que beaucoup de Guesdistes relativement aveugles devant les nouveaux aspects de l’impérialisme, il avait pointé, dans sa formule fameuse, la vraie nature du capitalisme, portant en lui la guerre comme la nuée porte l’orage. Patriote résolu, mais tout aussi adversaire résolu du nationalisme, il était plus que réticent devant l’alliance avec le Tzar comme il condamnait le chauvinisme anti-germanique. Depuis 1907, il ne cessait de vouloir rassembler toutes les forces socialistes et pacifistes contre le péril de guerre...

Et c’est bien la grande question que l’on se pose à propos de Jaurès. Comment se serait-il comporté alors que l’acceptation de la guerre entraînait dans « l’Union sacrée » la quasi-totalité des socialistes, y compris les plus inattendus : le ralliement d’un Gustave Hervé, qui avait mené jusqu’en 1912 dans son journal La guerre sociale un violent combat antimilitariste, est particulièrement spectaculaire. En tout cas, au lendemain même de l’assassinat de Jaurès, les valeurs qu’il défendait furent mises au service du soutien à la guerre. L’assassin avait voulu frapper l’inlassable combattant pour la Paix. Or, aux obsèques de Jaurès, alors que les derniers pacifistes prenaient la mesure de leur isolement absolu, le dirigeant cégétiste Léon Jouhaux entérinait l’Union sacrée dans la guerre patriotique et républicaine contre l’agression des monarchies réactionnaires d’Allemagne et d’Autriche-Hongrie, contre « l’impérialisme allemand », cependant que Guesde entrait au gouvernement. Reniement ? Il convient de ne pas caricaturer. Pour un Hervé, nouveau Déroulède, qui préconisera un « socialisme national » virant au fascisme après la guerre, dans leur immense majorité les dirigeants socialistes s’estimaient fidèle à leurs convictions. [4]

Ainsi s’amorçait dans l’auto-justification, dès août 1914, une captation d’héritage jauressien qui aboutira, dix ans plus tard, à l’initiative du gouvernement du Cartel des Gauches (radicaux et socialistes), à la panthéonisation d’un Jaurès républicain, œcuménique et consensuel. Cependant qu’à la Chambre Renaud Jean dénonçait au nom du jeune parti communiste cette « confiscation aux dépens des travailleurs », [5] et qu’à la suite du cortège officiel empesé, un vibrant défilé communiste entraînait presque militairement, au chant de La Jeune Garde, les bataillons de l’avant-garde prolétarienne. [6] Les communistes d’alors voulaient avant tout voir dans Jaurès l’adversaire de la guerre dans laquelle s’étaient engouffrés les dirigeants socialistes, en dépit de leurs proclamations pacifistes et internationalistes. Mais chez ces mêmes communistes, quid de la vision de transformation sociale proposée par Jaurès ? Ils s’inscrivent clairement dans la lignée de Guesde, quelque distance qu’ils peuvent prendre avec lui. [7]

L’évolution de Ferrat (1902-1988) est d’ailleurs intéressante : il était alors membre du Bureau politique et et rédacteur en chef de L’Humanité. Exclu en 1936 du PC auquel il reprochait la tiédeur de son anticolonialisme et de son soutien aux grèves, il sera un résistant actif et deviendra un dirigeant de la SFIO après 1945). En fait alors, communistes et socialistes d’héritage guesdiste se retrouvaient dans la même condamnation des « possibilistes » d’antant (illusion d’une conquête du pouvoir d’état par la seule voie légale, illusion d’un passage progressif au socialisme dans le cadre du capitalisme, notamment par le développement des services publics, les nationalisations, etc,). La scission de 1933 entre fidèles de la SFIO et néo-socialistes en résultera. Ils pouvaient aussi se retrouver dans la vision jauressienne, qui n’était pas celle des « possibilistes » : c’est par la maîtrise des moyens de productions par les travailleurs, et par une supervision étatique empêchant que ces foyers d’autogestion ne retombent dans l’ornière de l’égoïsme et de la concurrence capitaliste, que Jaurès imaginait une accession pacifique au socialisme. [8]

Tout ceci pouvait paraître bien loin aujourd’hui, jusqu’à ce que la crise actuelle relance l’intérêt pour les analyses marxistes. Les relectures de Jaurès en prennent une saveur nouvelle.

On ne s’étonnera pas que, dès sa naissance, le NPA ait pointé dans son salut à Jaurès l’impuissance de son idéalisme réformiste. [9]

Par contre, tout récemment (17 avril 2009), dans le cadre des célébrations organisées par la Municipalité de Toulouse, et sous le patronage du journal L’Humanité (dont Jaurès fut fondateur), un colloque a réuni historiens et politiques. Liant l’objectivité de la recherche historique aux désirs d’émancipation plus que jamais présents, le journal en rend compte à deux reprises sous le titre Modernité de Jaurès.

http://www.humanite.fr/2009-05-02_L...

http://www.humanite.fr/Pourquoi-Jau...

Est saluée et considérée comme plus actuelle que jamais la thèse jauressienne : l’unité socialiste, l’unité de la Gauche, ont pour visée ultime de « porter la République au bout de ses potentialités, le socialisme ». La république sociale, dont est grosse la république démocratique, est ancrée dans l’héritage historique de la Nation, celui de la Révolution au premier chef ...

On pourrait dire que ça ne mange pas de pain, tant que ne seront pas précisées les conditions de cette unité et la définition de ces potentialités. D’autant que j’écris cela au lendemain des élections européennes, dont le résultat montre combien la souffrance sociale, faute de vraie perspective politique, ne génère pas automatiquement une conscience protestataire et un désir de changement politique.

René Merle. 8 juin 2009

Texte mis en ligne sur le site de René Merle

Sur Jaurès, voir également : René Merle, La République démocratique et sociale des socialistes, un demi-siècle après 1851

Les familles socialistes avant l’unité de 1905

Après les dures années de répression qui suivent la Commune, congrès de Marseille en 1879 : naissance d’un « Parti ouvrier » résolu à écarter toute compromission avec la bourgeoisie et à militer pour l’appropriation collective de toutes les forces de production. Au même moment, avec l’amnistie et le retour de Blanqui, formation du Comité révolutionnaire central (Blanquistes), qui deviendra le Parti socialiste révolutionnaire. Scission presque immédiate du Parti ouvrier, consacrée en 1882, entre Guesdistes (Parti ouvrier, qui se veut marxiste) et Fédération des Travailleurs socialistes (« possibilistes » de Brousse). Lors de la crise boulangiste (1887-1890), les seconds acceptent l’association avec les républicains bourgeois, les premiers veulent défendre la république sans pactiser avec ceux qui par leur politique désastreuse ont frayé voie au mécontentement populaire profitant à Boulanger.
1890 : scission entre la Fédération des Travailleurs socialistes et le Parti ouvrier socialiste révolutionnaire qui refuse transactions et déviations. Ce courant « allémaniste », particulièrement étudié par Michel Winock, Il est à son tour frappé par la scission de l’Alliance communiste révolutionnaire en 1896.
Il faut ajouter à tous ces groupes la nébuleuse des socialistes indépendants, dont fait partie Jaurès.
À partir de la fin 1898-99, devant les développements de l’Affaire Dreyfus et la menace réactionnaire se rapprochent dans un comité de vigilance, puis d’entente, la Fédération des Travailleurs socialistes, le Parti ouvrier français, le parti ouvrier socialiste révolutionnaire, le parti socialiste révolutionnaire, les indépendants. La participation au gouvernement (1899) du dirigeant socialiste Millerand fait éclater le regroupement en 1900.
Se constituent alors deux grandes formations socialistes :
- Le Parti socialiste de France regroupe le Parti ouvrier français (guesdiste), le Parti socialiste révolutionnaire, des fédérations autonomes, etl’Alliance communiste. Il entend « se maintenir nationalement et internationalement sur le terrain de la lutte de classe pour conquérir le pouvoir politique et, par lui, exproprier la classe dominante de son privilège économique ».
- Le Parti socialiste français regroupe la Fédération des Travailleurs socialistes, le Parti ouvrier socialiste révolutionnaire, la Confédération des socialistes indépendants (Jaurès), des fédérations autonomes. Il entend promouvoir « l’extension de la République au régime de la propriété et du travail » et repousse la politique du tout ou rien.
Ces deux formations réaliseront leur unité en 1905.

Notes :

[1] Cf. notamment son article « L’éducation populaire et les patois, La Dépêche, 15-8-1911 http://prioriteagauche.typepad.fr/w...

[2] L’Humanité hebdo,19 et 20 novembre 2005, a publié le contenu intégral du débat de Lille, en 1900. On trouvera lira le texte des deux discours notamment sur le site de l’Office universitaire de recherche socialiste : Jaurès : http://www.lours.org/default.asp?pid=332 Guesde : http://www.lours.org/default.asp?pi...)

[3] Madeleine Pelletier, 1874-1939, militante socialiste et féministe, sera communiste après 1920, puis anarchiste. Médecin, elle militera jusqu’à sa mort pour l’avortement, et sera condamnée de ce fait en 1939. Guesdisme ou Hervéisme ? La Suffragiste, juin 1910 http://www.marievictoirelouis.net

[4] Cf. Vincent Chambarlhac, Romain Ducoulombier (dir.), Les socialistes français et la Grande Guerre. Ministres, militants et combattants de la majorité (1914-1918), Editions universitaires de Dijon, 2008)

[5] cf. le texte : http://la-brochure.over-blog.com

[6] Cf. le très intéressant article de Avner Ben-Amos, La panthéonisation de Jean Jaurès. Rituel et politique sous la IIIe République, Terrain, n°15, oct.1990. http://terrain.revues.org/index2983.html

[7] Cf. par exemple, à la fin de la période « classe contre classe », le texte de André Ferrat, « Le Parti communiste français et le guesdisme », Cahiers du Bolchévisme n°14, juillet 1932). http://bataillesocialiste.wordpress

[8] Cf. sa série d’articles dans la Revue Socialiste en 1895-896).

[9] cf. Cédric Pitkorff, Le mythe Jaurès ou l’opportuniste honnête, http://quefaire.lautre.net/articles...


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