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Grèves et répression au Kazakhstan
Jean-Jacques Marie évoque l’emprisonnement de Rosa Touletaeva

Le 16 décembre 2011, après six mois de conflit entre les ouvriers du pétrole en grève et la compagnie « Kazmounaïgaz », on a tiré et fait couler le sang des ouvriers dans la ville de Janaozen, à l’ouest du Kazakhstan. Ce jour là les autorités ont décidé de franchir un point de non-retour et d’écraser par la force la grève la plus longue et la plus massive de l’histoire du Kazakhstan. Pas moins de 17 personnes ont été tuées, des dizaines ont été blessées.

Trente sept personnes se trouvaient sur le ban des accusés au procès des « évènements de Janaozen », la plupart d’entre eux furent condamnés à des peines de prison ferme, parmi eux, une femme courageuse, une dirigeante de la grève, Rosa Touletaeva.

Le combat pour sa libération que mènent, avec le soutien de leurs frères dans le monde entier, les syndicats indépendants du Kazakhstan, de Russie, d’Ukraine, de Biélorussie et de Géorgie, ce n’est pas seulement un combat pour réclamer justice pour une personne. C’est le combat pour le droit de tous les ouvriers du Kazakhstan à s’organiser dans des syndicats, à faire grève, à lutter pour un travail décent, pour une vie meilleure.

Qui est Rosa Touletaeva ?

Rosa Aïbaevna Touletaeva est née le 10 décembre 1964 au Turkmenistan, dans le petit village de Bekdash. Enseignante de profession, elle a travaillé de nombreuses années comme éducatrice dans un jardin d’enfants, puis comme directrice. Mais au Kazakhstan, où la famille a émigré en 1994, trouver un travail correspondant à sa qualification n’a pas été simple. En 2004, Rosa Touletaeva a commencé à travailler comme mécanicienne dans une station de pompage d’une entreprise d’hydrocarbure.

Après la privatisation de l’entreprise et le passage de mains et mains entre différents propriétaires, l’entreprise est devenue une partie de la compagnie « Kazmounaïgaz ». La situation des ouvriers de Janaozen s’est détériorée. En 2010, les travailleurs décident de se mettre en grève, pour l’augmentation des salaires. En 2011 le conflit éclate à nouveau. Rosa Touletaeva, disposant d’une grande autorité auprès de ses collègues, participe avec bien d’autres aux grèves de la faim et aux rassemblements, soutenant ses camarades pendant les sept mois que les ouvriers du pétrole vont passer dans la rue, malgré la canicule estivale et le froid glacial de l’hiver.

En 2012, elle est l’une des accusés dans l’affaire de Janaozen. Au procès, Rosa a affirmé qu’elle et d’autres détenus ont été soumis à la torture, mais le tribunal n’a pas examiné ces plaintes. Accusée en vertu d’un article sur « l’organisation de troubles de masse », Rosa Touletaeva a reçu la peine la plus sévère : sept ans de prison. Par la suite, la peine a été réduite à cinq ans.

Les syndicats en campagne

La Confédération des syndicats libres du Kazakhstan, la Confédération du travail de Russie, la Confédération des syndicats libres d’Ukraine, le Congrès biélorusse des syndicats démocratiques et la Confédération des syndicats de Géorgie, avec le Centre de défense des droits syndicaux, ont engagés une campagne internationale pour la révision de la condamnation injuste de Rosa Touletaeva et des autres dirigeants de la grève des ouvriers du pétrole en 2011 à Janaozen.

Source : site http://unionrights.ru/ru/ du Centre de défense des droits syndicaux (Центр защиты профсоюзных прав), lié à la Confédération du travail de Russie, et dont le responsable est Valentin Ourousov.


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