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Gramsci : la nécessité d’une réforme intellectuelle et morale
Extrait du nouveau livre d’Yvon Quiniou « Nouvelles études matérialistes sur la morale »

Quelle réforme ?

La réforme intellectuelle et morale que Gramsci nous propose alors et qui tient une grande place dans sa philosophie politique, constitue un thème fort chez lui et sa nécessité doit être bien comprise. Elle n’a rien à voir avec la nécessité historique dont il vient d’être question, celle de conditions et donc de moyens pour réaliser une tâche historique, qui n’était, je le rappelle, qu’une nécessité conditionnelle, subordonnée en réalité à des intérêts et, donc, aux désirs, besoins ou aspirations empiriques des hommes et au vouloir qu’ils déterminent à chaque fois : si nous voulons une société débarrassée de la contradiction entre les forces productives et les rapports de production qui bloque son développement et contrarie nos intérêts (car c’est là le sens du passage de Marx qui a été commenté), alors nous devons recourir à telle solution que l’analyse scientifique nous révèle comme possible. « Si… alors… » : on voit bien que le « devoir » qui s’ensuit n’est ni fatal, bien entendu puisqu’il est conditionnel, suspendu à une décision subjective préalable, ni, surtout, ne comporte rien de cette nécessité morale intrinsèque et inconditionnelle, absolue donc, qui caractérise exactement le « devoir » moral distingué par définition d’une « règle de vie ». Cette précision est importante, voire fondamentale : elle signifie que la proposition de cette réforme répond non seulement à un élan personnel qui caractériserait Gramsci, mais, je le répète délibérément, à une exigence morale de fond (même si sa fondation laisse à désirer), qui implique comme point de départ cet examen critique, en l’occurrence autocritique, qui préside à la philosophie dans son exercice véritable. Plus exactement encore : même s’il faut partir de la philosophie populaire contenue dans le « sens commun » – le peuple étant plus proche de la réalité, selon lui, que bien des philosophes spécialisés [1] –, il faut faire subir à celui-ci une transformation qui l’élève à un niveau supérieur, celui qu’il appelle dans son langage le « bon sens ». Cela implique aussi qu’on procède à une « catharsis » expulsant les éléments négatifs et retardataires du sens commun et, spécialement, qu’on l’amène à dépasser le « moment purement économique (ou égoïste-passionnel) » pour qu’il accède au « moment éthique-politique », c’est-à-dire à « l’élaboration supérieure de la structure (= sens commun – Y. Q.) en superstructure dans la conscience des hommes (= bon sens philosophique – Y. Q.)… même si l’on devra retrouver ensuite l’incarnation économico-sociale de celui-ci [2]. C’est à ce prix que l’on passe de la passivité qui « écrase l’homme » entendu socialement à la liberté, la structure transformée devenant alors un « instrument pour créer une nouvelle forme éthico-politique (…) génératrice de nouvelles initiatives » [3].

Pourquoi ? L’approche crique de l’humain d’un point de vue moral

Or, que tout cela ait bien à voir, en profondeur, avec la morale, cela se lit dans la formule elle-même [4], mais aussi dans bien des notations critiques sur l’homme et la société, dans divers domaines. C’est ainsi que, dans un beau et étonnant passage sur la responsabilité individuelle, il s’en prend (on est dans les années 1930) au « danger d’un manque de vitalité morale » qui se manifeste dans la manière dont certains groupes dominants « naturalisent » la bestialité de certains hommes en faisant de l’influence du milieu social une « fatalité » inévitable à laquelle on ne saurait se soustraire et à laquelle on ne saurait remédier : « Tout sens de la responsabilité individuelle finit par s’émousser et toute responsabilité particulière est noyée dans une abstraite et introuvable responsabilité sociale. ». Et il en tire la conséquence, juste et étonnante à la fois pour un marxiste, qu’« expliquer » un comportement anti-social ce n’est pas le « justifier » et déresponsabiliser totalement l’individu [5]. Sinon, si l’on assimile l’explication à une justification, cela va « conduire nécessairement à l’une des formes les plus hypocrites et les plus révoltantes de conservatisme et de réaction » [6]. Ce qui constitue bel et bien un appel et même une incitation morale à la liberté comprise ici comme une construction de soi ! Et cela ne l’empêche pas de signaler à la fois que l’éducation a un rôle à jouer dans cette construction et que la prise en compte indispensable de l’influence du milieu doit entraîner à une forme d’indulgence dans le processus éducatif ou rééducatif ! Parallèlement – car sa pensée rigoureuse et complexe prend en compte les contrariétés du réel et des points de vue sur lui –, il est capable, dans un autre texte où il se demande explicitement ce qu’est l’homme [7], de s’en prendre violemment à la conception catholique de ce même homme (et pas seulement au catholicisme institutionnel ou à la religion catholique comme règle de vie) parce qu’elle « place la cause du mal dans l’homme même comme individu », oubliant tout ce que celui-ci doit à l’histoire, à son milieu social, aux autres hommes et à ses rapports avec la nature, qui en fait le contraire d’un « individu bien défini et limité ». Qu’est-ce cela, sinon un procès moral autant que théorique, parfaitement justifié au demeurant, fait à l’anthropologie catholique ? Derniers exemples. Parlant de la passion économique qui domine notre société contemporaine, il l’accuse de mettre au premier plan l’intérêt de l’individu, même si celui-ci peut être d’utilité générale, ce dont il paraît douter [8]. Mais surtout, juste après avoir parlé de la pègre et de son souci du « rang » de ses membres, il dénonce le fait que ce souci du « rang » soit général dans notre société et que « la personnalité de nombreuses gens » soit « mesquine, étroite », se payant du plaisir que « être ²quelque chose² » signifie seulement que « les autres sont encore ²moins de chose² (quelque chose de moins) ».

A l’opposé, son projet d’humanité, d’inspiration communiste, contredit ce qu’il a précisément dénoncé et relève lui aussi d’un idéal qu’il faut bien dire moral et qui n’est pas pour autant destiné à être arbitrairement, sinon totalitairement [9], imposé aux hommes, la liberté étant sa base politique concrète.

Une réforme pour qui et avec qui ?

Cette réforme vise en premier lieu le peuple ou ce qu’il appelle les « classes subalternes », ou encore les dominés qui subissent l’histoire et ne la font guère activement. En ce sens et pour reprendre librement une formule d’Althusser (qui entretenait un rapport critique avec le penseur italien), il s’agit de faire passer les hommes du statut de « sujets dans » l’histoire au statut de « sujets de » l’histoire… ce qui équivaut à une véritable révolution historico-anthropologique. Il s’agit donc, et cela pour tous ou pour chacun, de « participer activement à l’histoire du monde, être à soi-même son propre guide au lieu d’accepter passivement et de l’extérieur, une empreinte imposée à sa propre personnalité » [10]. Cela suppose l’assimilation par tous de la culture universelle, y compris si possible de la science la plus moderne, et non son cantonnement à un cercle restreint de privilégiés, l’évacuation également des vestiges d’une culture ancienne dépassée et politiquement réactionnaire, mais aussi, bien entendu, par rapport à notre sujet, l’assimilation de nouvelle valeurs morales échappant au particularisme et à l’égoïsme de classe. Ce dernier propos renvoie à la manière dont Gramsci définit une conception du monde, qui, si elle est intellectuelle, n’est pas intellectualiste, toute conception du monde, même celles qu’il faut abandonner, impliquant « une norme pratique de conduite » comme je l’ai déjà indiqué, donc aussi « une morale qui lui est conforme » [11]. En effet l’existence et le développement d’une civilisation économique « exige un mode de vie déterminée, des règles de conduite déterminées, certaines mœurs » ; c’est par conséquent à une rénovation des « normes de conduite » qu’il faut procéder, dans la direction de l’Universel moral dont on a vu que Gramsci le faisait sien (fût-ce avec des hésitations sur son statut), mais un Universel également et fondamentalement concret, pratique, politique, historique. On aperçoit clairement, comme on l’a déjà noté, l’immense portée de cette transformation culturelle ou idéologique, à la fois réaliste (science) et normative (morale) : elle « accélérerait le processus historique en acte (au lieu de le bloquer – Y. Q.), en rendant la pratique plus homogène, plus cohérente, plus efficace dans tous ses éléments, c’est-à-dire en lui donnant une force maximum » [12]. A quoi s’ajoute une autre conséquence, décisive sur le plan de l’existence collective elle-même : c’est sur cette nouvelle base normative, à visée communiste, que les êtres humains doivent et peuvent s’associer, former société si l’on veut. Plus précisément encore : le nouveau « sens commun » produit va permettre de constituer un nouveau « bloc historique », qui est un boc « culturel et social » [13] entre des couches sociales diverses mais dominées, mais aussi avec les intellectuels révolutionnaires dont il va être bientôt question. Et Gramsci, dans ce cadre, fournit une précision non seulement importante intellectuellement mais carrément émouvante sur le plan humain : le lien interhumain inédit qui va se constituer doit reposer non seulement sur des idées, théoriques et pratiques, mais aussi sur des sentiments, voir sur une passion commune pour l’unité de ce qu’il nomme le « peuple-nation » [14]. C’est sur la base de tout cela que va pouvoir se réaliser cette « hégémonie » des idéaux communistes à laquelle, en tant que stratège politique, il est attaché : elle fournit ce « consentement » dont avons déjà parlé, qui consiste en une adhésion libre, intelligente et morale, au pouvoir politique dont celui-ci a besoin pour exister en dehors de la seule contrainte exercée sur des sujets passifs et aliénés idéologiquement. Reste à savoir avec qui ou par qui va se produire cette réforme et donc se réaliser, à terme, cette hégémonie [15].

D’une manière remarquable, Gramsci met au premier plan le rôle des intellectuels et, spécialement, celui des « intellectuels organiques » [16]. Ceux-ci, en un sens, ont toujours existé si l’on entend par cette désignation les intellectuels, dans ce cas idéalistes, qui ont façonné depuis des siècles l’idéologie des classes dominantes et l’ont diffusée dans les classes populaires, à travers des idées religieuses par exemple. Mais ici il s’agit de tout autre chose : ce sont les intellectuels, y compris du plus haut niveau, qui ont pris parti pour les classes populaires, pour ceux qu’il appelle les « simples », les « humbles » ou les « subalternes », et qui l’on fait sur la base d’une vraie sympathie pour eux et d’un engagement moral et politique en leur faveur, délaissant le statut d’égoïstes ou de narcissiques qui est le lot de beaucoup d’intellectuels spécialisés, en particulier du côté des philosophes professionnels. Ces nouveaux intellectuels, y compris de très grande qualité dans leur spécialité, vont partir de la philosophie implicite dans la conscience des masses et de son « sens commun », ils vont l’affranchir de ses limites et la porter au plus haut niveau conceptuel, tout en la dotant d’un sens critique aigu. « Les conceptions du monde ne peuvent pas ne pas être élaborées par des esprits éminents, mais la ²réalité² est exprimée par les humbles, par les esprits simples » dit Gramsci pour résumer cela [17]. On voit à quel point celui-ci est éloigné de tout ouvriérisme ou de tout populisme, tout en indiquant que ces intellectuels doivent entretenir un lien organique avec le peuple. Ils constituent même selon lui une « élite » [18], auquel un parti révolutionnaire doit faire clairement appel, y compris sur la base d’une « sélection », et ils vont jouer un rôle essentiel dans l’éducation des masses. Mais, précisément, il s’agit d’une éducation et non d’un endoctrinement, sur la base d’idées théoriquement et pratiquement justes, valides ; aucun risque de « dictature de l’élite » n’est présent ici et l’on est très éloigné de l’idée préconisée par Lénine qu’il faut apporter de l’extérieur sa conscience de classe au prolétariat ! [19] Car qui dit éducation dit travail de conviction en direction des consciences et non imposition de dogmes. D’autant plus que, dans ce long travail, il s’agit bien aussi de « créer » de nouveaux intellectuels qui, au sein du Parti et dans les masses influencées et éduquées par lui, réduiront la distance qui les séparait initialement de l’« élite » [20]. Il y insiste d’une manière à nouveau remarquable : il s’agit de « travailler sans cesse à l’élévation intellectuelle de couches populaires plus larges, pour donner une personnalité à l’élément amorphe de masse, ce qui veut dire de travailler à susciter des élites d’intellectuels d’un type nouveau qui surgissent directement de la masse tout en restant en contact avec elle » [21]. Faut-il le souligner ? Une pareille ambition éducative pour le peuple est désormais absente de la scène politique au 20ème siècle, comme si toute une partie de la gauche avait abandonné l’idée de faire du peuple, précisément, l’acteur de sa propre histoire !

Education : le grand mot est prononcé et l’on conclura toute cette analyse en développant un peu sa signification [22]. Il faut partir à nouveau de Croce liant l’éthique (on gardera ce terme générique, ici, qui inclut la morale) à la politique ; Gramsci y ajoute explicitement un lien essentiel à l’Etat, affirmant avec raison que « tout Etat est éthique dans la mesure où une de ses fonctions les plus importantes est d’élever la grande masse de la population à un certain niveau intellectuel et moral » [23], cette fonction se retrouvant bien entendu dans une société de classes, mais déformée dans un sens normatif favorable à la classe dominante. Or c’est cette fonction qu’un Etat communiste à venir doit assumer, en la renouvelant fondamentalement dans un sens progressiste favorable aux intérêts du plus grand nombre et en conférant donc à sa vision normative de la société sa véritable signification éthique : il va tendre « à mettre un terme aux divisions internes qu’entraîne la domination, etc. et à créer un organisme social unitaire technico-moral » [24]. Dans le cadre de cette conception de l’Etat, l’école se voit attribuer cette « fonction éducatrice et positive », bien au-delà de sa simple fonction d’instruction, et elle est aidée et stimulée parallèlement par les partis (et en premier lieu le nouveau parti révolutionnaire). Ce qu’il dit de ces derniers est assez étonnant et il faut le citer intégralement : ceux-ci représentent « l’adhésion spontanée d’une élite à des normes de conduite considérées comme le type de comportement auquel toute la masse doit être éduquée » et, du coup, ils « doivent montrer, dans leur propre vie interne, qu’ils ont assimilé comme principes de conduite morale ces règles qui sont, dans l’Etat, des obligations morales » ; et de ce point de vue ils « peuvent être considérés comme des écoles préparant à la vie de l’Etat » [25]. D’où une brève liste des qualités que leur vie interne doit présenter : « caractère (résistances aux impulsions de culture dépassées), honneur (volonté intrépide dans le soutien d’un nouveau type de culture et de vie), dignité (conscience d’agir pour une fin supérieure), etc. » [26]. On n’aura jamais mieux montré à quel point la politique, envisagée dans sa visée communiste spécifique, est subordonnée non seulement à une analyse objective, réaliste et scientifique de la réalité sociale avec toutes ses contradictions d’intérêts, mais à une dimension morale qui vaut non seulement pour la fin visée, mais pour les comportements individuels qui doivent la réaliser. On pourrait dire de ce matérialiste singulier qu’est Gramsci ce que Feuerbach, cet autre matérialiste singulier, disait de lui-même, à savoir qu’il est « idéaliste dans le domaine de la philosophie pratique » [27], au sens où, comme ce dernier, il ne se contente pas de la réalité sociale, matérielle au demeurant, telle qu’elle est. Tourné vers l’avenir (comme Feuerbach encore, mais comme Marx aussi), il exige sa transformation dans l’intérêt de tous les hommes : cette exigence est indissolublement morale et politique et elle permet d’envisager de dépasser dans l’avenir les limites du présent [28].

Extraits du livre d’Yvon Quiniou Nouvelles études matérialistes sur la morale. Hume, Rousseau, Dewey, Russell, Marx, Gramsci, paru chez Kimé.

Notes :

[1] P. 142, note 8. On se souvient que Hume raisonnait un peu ainsi, mais sur une base théorique très différente.

[2] Voir plus haut.

[3] P. 194

[4] Voir p. 391 et 428.

[5] On a aujourd’hui un étonnant écho de cette question dans le reproche injustifié fait à la sociologie critique, qui met en avant les déterminismes sociaux, de justifier les fautes humaines en les expliquant ! Gramsci a anticipé ce débat et l’a résolu correctement. Voir B. Lahire, Pour la sociologie. Et pour en finir avec une prétendue « culture de l’excuse », La Découverte, 2016.

[6] P. 723-724.

[7] Voir « Qu’est-ce que l’homme ? », p. 175-179.

[8] P. 177, note 27.

[9] On trouve parfois chez lui le terme de « totalitaire » à propos de la conception du monde, quelle qu’elle soit. Il n’a alors aucun sens politique négatif. Il désigne seulement l’aspect « total » ou « totalisant » de celle-ci, sans connotation péjorative.

[10] P. 132

[11] P. 198 et p. 197.

[12] P. 192. Il s’agirait aussi « étant donné une certaine position théorique », d’« organiser l’élément pratique indispensable pour sa mise en œuvre » (ib.).

[13] P. 302 et p. 141

[14] P. 301-302

[15] Cette idée d’hégémonie témoigne de l’extrême intelligence politique de Gramsci. Ce qui est confirmé par le destin paradoxal de cette idée : elle a été utilisée en France, à la fin du 20ème siècle et encore aujourd’hui, par le mouvement de la Nouvelle droite, initié par A. de Benoist dans sa stratégie de conquête du pouvoir ou, au minimum, de consolidation du pouvoir de droite en France et de ses idées.

[16] Voir p. 141-142.

[17] P. 142, note 8.

[18] P. 151.

[19] Cette idée, indépendamment des justifications qu’elle peut avoir chez Lénine dans les conditions d’un pays arriéré, aura nourri le drame qu’a été le stalinisme avec son idéologie officielle, imposée dogmatiquement au peuple !

[20] P. 150.

[21] P. 160.

[22] Voir tout particulièrement la très importante note 17, p. 152.

[23] P. 572, note 149, qui renvoie à son étude sur Machiavel. Il faut lire toute cette note.

[24] Ib.

[25] Ib., – souligné par moi

[26] Ib.

[27] Voir L’essence du christianisme, Maspero, 1968, p. 102

[28] Même idée chez Feuerbach, à nouveau, quand il affirme que son idéalisme moral lui permet de ne pas constituer « en limites de l’humanité et de l’avenir les limites du présent et du passé » (ib.).


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