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Entretien Ferrier/Staraselski
Bernard Mardon pose 7 questions à Vincent Ferrier, à propos de son livre d’entretien avec Valère Staraselski

Sept questions de Bernard Mardon posées à Vincent Ferrier, à propos de son ouvrage : « Portrait » Entretien avec Valère Staraselski Paru aux éditions de l’Ours Blanc
1- Dans quelles circonstances avez-vous rencontré Valère Staraselski ?
J’avais entendu parler de lui par Bernard Giusti à l’Ours Blanc. Je l’ai rencontré il y a plusieurs années à la Fête de l’Humanité organisée à Toulouse par la Fédération départementale du PCF au stand de la Librairie de la Renaissance.
2- Pourquoi avoir choisi la formule d’un livre d’entretien ?
J’avais déjà lu plusieurs de ses récits avant de le connaître et rédigé des analyses et commentaires que je lui ai communiqués dès que j’ai fait sa connaissance. Il m’est apparu que cet auteur méritait d’être encore mieux connu ; la meilleure façon d’y parvenir m’a semblé de le faire parler de lui-même en le « soumettant » à un questionnaire relatif aux principaux thèmes de sa création, plutôt que de le paraphraser et de le traiter comme un objet (comme certains commentateurs le font souvent afin de se valoriser eux-mêmes…).
3- Comment avez-vous procédé ?
Compte-tenu de l’éloignement de nos résidences respectives (lui à Montreuil, moi à Toulouse), nous ne pouvions échanger, pour l’essentiel, que par email ; bien sûr, quelques échanges se sont faits par téléphone.
4- De votre point de vue, Valère Staraselski a-t-il une place dans la littérature d’aujourd’hui ?
Absolument ! Qu’est-ce que la littérature, sinon la transcription en mots de l’imaginaire de l’auteur, de sa remise en cause permanente de lui-même, de sa recherche d’une autre réalité que celle des apparences ainsi qu’une meilleure connaissance d’autrui. Sur tous ces points, Valère est au rendez-vous. J’ajoute que s’agissant de littérature, il ne faut pas oublier que V.S. est un militant syndical et politique communiste. Cet engagement imprègne judicieusement, discrètement, une partie de sa création littéraire, mise ainsi au service de l’émancipation sociale humaine ce qui n’est pas si commun que cela – qui ne plait pas forcément à tout le monde (je pourrais citer un exemple de cette affirmation, mais je ne veux pas ici polémiquer) ! Mais attention : pas de confusion : Valère Staraselski n’est pas écrivain parce que communiste, mais l’inverse : écrivain, et ensuite communiste (si l’ont peut ainsi sommairement s’exprimer !)
5- Dans ce livre n’apparaissent pas vos écrits et chronique de Valère Staraselski, pourquoi ?
Peut être pensez-vous aux deux essais magistraux que Valère Staraselski a réalisés sur Aragon : « Aragon, la liaison délibérée » et « Aragon l’inclassable ». Deux monuments qui font de l’auteur un des meilleurs spécialistes incontournables français d’Aragon. J’avoue que j’ai été tellement impressionné par ces deux œuvres que je ne me suis pas senti capable de les commenter et que tout commentaire de ma part ne m’aurait semblé qu’une médiocre paraphrase.
6- Parmi les sujets abordés quels sont ceux dont les réponses vous ont le plus marqué ?
Il en est principalement trois : la quête permanente de l’identité, l’altruisme et la place de la Femme. J’ajoute d’ailleurs à ce sujet que ces thèmes ne peuvent être vraiment appréhendés que si le lecteur sait prendre en compte la part d’autobiographie toujours latente des récits de V.S. Il est aussi un thème dans l’inspiration staraselskienne : la notion de nation. Préoccupation précieuse vu qu’à l’époque que nous vivons cette notion est soit défigurée soit carrément enterrée par le communautarisme fédéral de l’Europe.
7- Quelles sont les questions que vous ne lui avez pas posées, et qu’avec le recul, vous lui auriez posées ?
Il en est une que je regrette de ne pas avoir suffisamment abordée : celle des rapports entre la conviction et le doute. Peut-on concevoir l’une sans l’autre et réciproquement ? On sait pourtant quelles catastrophes ont été entraînées pour le mouvement social et révolutionnaire par l’oubli que ces deux concepts doivent rester indissociablement liés.

Merci Vincent Ferrier !


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