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Un poème de Thierry Renard

« Il m’arrive si peu de choses
qu’il me faut compter et conter. »

Pablo Neruda, Le cœur jaune

« La lune vint à la forge
avec ses volants de nards.
L’enfant, les yeux grands ouverts,
la regarde, la regarde. »

Federico Garcia Lorca, Romancero gitan

Notre tournée familiale
poétique et musicale
de l’été 2017
s’est achevée hier
en soirée
à Camplong-d’Aude
en pays cathare

Notre spectacle commence
à être bien rodé
et les surprises sont toutes
du côté du public
Carla et les notes salées
improvisées répétées
de sa guitare acoustique

Sonia et les accents irréprochables
de son chant mélancolique
en plusieurs langues

Carla et ses accords rythmés
et ses constantes vibrations
Sonia réfugiée enfin
dans la clarté de sa parole mouvante

Et moi toujours moi seul et nu
pitre romantique
comique à la voix de Patrick Timsit
(on me le dit encore aujourd’hui)
et aux mots forcément décalés

Moi petit arbre humain
aux palabres totalement déplacées
quelquefois

Aujourd’hui mes amis
nous sommes
de retour à Llançà
après trois longues années
d’une absence anachronique
qui a su creuser
le tempo du temps

Aujourd’hui la mer est bonne
et s’est faite toute belle
pour nous accueillir
en ses flancs agités
L’écume de ses seins blancs
est bleuâtre dorénavant
Les vagues de son ventre tendu
hébergent notre dernière espérance
Le mois d’août prend fin
lui aussi

Aujourd’hui nous sommes revenus
à Llançà
pour rendre hommage
à la Catalogne
libre et ensanglantée
Aujourd’hui en Espagne
avec les deux fantômes
de ces fidèles compagnons
Lorca l’Andalou
Neruda le Chilien
Deux voix chères en effet
si proches si familières
attentives malgré
tout ce qui nous sépare
désormais

Aujourd’hui
c’est déjà le soir
qui pointe le bout
de son nez pointu
La mer tout le jour
nous a ouvert les bras
Nous avons nagé
dans une eau de fin de saison
et nous sommes allés
tous les trois
père mère et fille
plus loin que le bord
de nos rêves
jusqu’au point culminant
de la fraternité
entre les hommes

Maintenant ici
c’est la nuit névralgique
la nuit névrotique même
par-delà les hautes apparences
et les cris de l’aube
empruntés à mon ami récemment disparu mon ami le poète MARC PORCU

Et l’aube enfin est apparue pavé dans la mer futur séjour pour les êtres impurs que nous sommes à la longue devenus Hier encore muette l’aube a chanté pour nous sans retenir son souffle ni les clameurs de sa peine

Contre le terrorisme nous avons réinventé LA LIBERTÉ et nous nous sommes unis réunis pour mieux pouvoir lutter

Maintenant ici il y a la nudité sensuelle de nos cœurs égarés

Nous avons toujours eu L’ESPAGNE AU CŒUR

Llançà, le 27 août 2017 ; Vénissieux, le 30


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