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Copenhague 2009 : et si la Chine était en train de donner l’exemple ?
Texte paru sur Rue 89

Il ne se passera rien au sommet de Copenhague sur le climat. Il ne peut rien s’y passer. Tout au plus, une déclaration officielle, sans doute arrachée aux forceps. Pleine de formidables bonnes intentions. Mais avec tant d’attendus, de réserves, d’avenants et de circonstances atténuantes, écrits en caractères si illisiblement petits au bas du contrat, qu’il n’en restera forcément rien ou presque dans les faits.

Ils ne sont pas là pour ça. Ce sommet est patronné par des gens qui ont des intérêts trop incompatibles avec les mesures qu’il faudrait prendre pour enrayer la dérégulation de nos conditions de vie.

Il ne sont là que pour essayer de les adapter au plus près de leurs intérêts les plus immédiats. Faire prévaloir l’énergie nucléaire comme une énergie propre, par exemple. Ou capter les bouleversements en cours dans la seule optique des profits escomptés (ce qui leur sera difficile dans la mesure où ils répugnent à investir dans des domaines nouveaux inconnus d’eux ; et parce que cela accélérerait l’obsolescence de pans entiers de leur édifice existant). Non pas qu’ils ne sont pas eux aussi, tout au fond d’eux, conscients des dangers qui menacent la planète. Mais il y a une interface terrifiante entre ce que leur indique leur raison, et ce que leurs intérêts bien sentis les poussent à commettre.

Un peu comme si vous demandiez au maniaque sexuel de contenir ses pulsions. Au banquier d’investir les aides publiques des plans de relance dans la reprise de l’économie réelle, plutôt que de les commuer en bonus obscènes ou autres parachutes dorés. Ils sont physiologiquement accrocs à leurs intérêts, à leur système. Autant que le drogué à sa drogue. Et que seule une overdose tragique et fatale peut arrêter.

Il ne se passera donc rien à Copenhague. Rien qui ne vienne de ces gens engoncés dans leur folie étriquée. Sauf si…

La Chine, une « dictature » en passe de réaliser les réformes essentielles

Un pays semble avoir compris ses intérêts bien sentis : la Chine. D’ailleurs, elle n’a pas attendu la « solennelle déclaration » de Copenhague pour proclamer sa décision unilatérale de réduire d’au moins 40% ses émissions de gaz à effet de serre [1] par unité de PIB en 2020.

Tout comme elle n’a pas attendu non plus pour interdire carrément à ses organismes bancaires tout investissement financier purement spéculatif (paris sur les fluctuations de prix, notamment). Et non se contenter, arrivés au bord du précipice, d’en taxer les bonus, avec la sourde intention de finir par en faire porter le poids à la population.

On aurait bien évidemment tort de tomber dans une admiration crédule pour le système chinois. Pour en avoir subi les conséquences à travers quelques dramatiques catastrophes nationales, la Chine a simplement réussi à intégrer dans son fonctionnement les nouveaux paramètres imposés par les conditions climatiques.

Comme l’ont très bien relevé Joël Ruet et Jean Pasternak dans une récente tribune [2], le souci des dirigeants chinois est tout simplement d’adapter leur modèle aux urgences des circonstances. Et de l’exporter !

N’empêche, aussi paradoxal et insupportable que cela puisse paraître aux yeux des bons esprits, c’est ce que nous appelons une « dictature » qui est en passe de réaliser les réformes essentielles, là où nos « démocrates » du bonus démentiel sont incapables de réagir.

Une pression populaire à intensifier

On aurait tort également de nier l’importance des pressions que nos valeureuses ONG écologistes tentent de faire peser sur les zombies inconséquents. Même parfois aux risques d’un certain ridicule [3]. Même avec, pour certains, quelques idées tordues sous-tendues.

Ce ridicule-là paraît en tout cas bien préférable à cette invraisemblable agitation du vide « sceptique », pour le moins douteuse au regard du moment où elle a été massivement lancée.

S’il est un objectif à attendre, et à atteindre, lors de ce sommet de Copenhague, ce n’est certes pas d’espérer une écoute privilégiée des puissants en présence. Mais de les isoler un peu plus dans leur bulle d’hypocrisie. De mettre un peu plus à nu le mécanisme pervers de leur comportement totalement suicidaire.

Nul ne sait si la double pression menée par les pays dits émergents et les associations écologiques de tout poil sera suffisante pour forcer un accord substantiel à Copenhague. On peut légitimement en douter tant la préoccupation des maîtres du monde pour sauver leur empire meurtrie de la bérézina en cours prévaut sur toutes autres considérations. Mais il n’y a guère d’autres solutions, pour y parvenir un jour, qu’à intensifier et perpétuer cette pression. Sans céder, comme certains tentent de nous y entraîner, à nos sempiternelles discutailleries de l’inutile.

URL source : http://www.rue89.com/yeti-voyageur/...


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