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La grave montée de la violence exige une action urgente, en profondeur, permamente et globale.
Par Marie-Noëlle Lienemann
La grave montée de la violence exige une action en profondeur, permanente et globale. C’est un véritable fléau qui vient en écho à toutes les dérives de notre société.
Mais quand pourrons nous enfin engager un débat sérieux sur la violence, sa diffusion pernicieuse, sa généralisation, voire sa banalisation ? Ne nous cachons pas la vérité. Le développement rapide et massif de la grande délinquance, ces passages au meurtre si fréquents pour une bagarre, une altercation, un désaccord, cette facilité d’obtenir une arme, même des armes de guerre sont gravissimes. Il faut à l’évidence des mesures d’investigation, de répressions plus efficaces qu’aujourd’hui. Sarkozy nous avait fait croire qu’il allait s’attaquer à l’économie parallèle. Manifestement, sa politique du chiffre a plus multiplié les arrestations de consommateurs de haschich, de petits dealers- et encore- que permis de faire reculer les attaques sur les personnes , le commerce des armes et la grande délinquance, les réseaux de type mafieux ! Il est grand temps de moins s’occuper des statistiques et davantage des résultats sur les cas les plus graves, de réorienter les moyens de la police et de la gendarmerie sur ces enjeux. Il faut tout faire, en respectant nos valeurs, pour y arriver. J’insiste sur les valeurs parce qu’à partir du moment où on commence à faire croire que la fin justifie les moyens, on a déjà perdu par rapport à ceux qui justement au nom de l’amitié, de la vengeance d’un proche, ou d’une logique de groupe ne respecte plus rien d’autre. Mais lutter contre la violence n’est pas seulement affaire de police voire de justice. C’est tout un ensemble. Cela part de la transmission des valeurs et même de l’idéologie dominante : une économie ou tous les moyens sont bons pour gagner contre l’autre, où le résultat compte plus que les moyens et méthodes employés, où l’argent est plus important que l’humain, où l’individualisme est porté au pinacle, le collectif, l’intérêt général , la solidarité mis au rancart au nom de la modernité ne peut qu’engendrer de la violence. Il faut donc développer une autre idéologie. Il faut réfléchir aux fondements de l’éducation des enfants qu’on ne peut confier aux seuls parents et aux « curés et pasteurs » dont Nicolas Sarkozy disaient qu’ils avaient plus de légitimité que l’instituteur pour transmettre les valeurs ! L’éducation comme vecteur du savoir, de la connaissance qui est un formidable antidote contre la délinquance. On notera que la très, très grande majorité des personnes emprisonnées et condamnées a un très faible niveau scolaire. Mais l’éducation aussi comme source de socialisation et de formation du citoyen. Le civisme doit être réinventé. L’école, bien sûr a un rôle à jouer mais aussi l’éducation populaire, le temps des loisirs… Quand je pense au nombre croissant d’enfants qui ne partent pas en vacances qui restent, toujours dans leur quartier, souvent dans un petit appartement où ils ont peu de place pour jouer faire leur devoir, rêver, trouver leur intimité, je sais que nous renforçons les risques de violence !
Texte mis en ligne le 19 juillet sur le site de Maire-Noëlle Lienemann. Marie-Noëlle Lienemann est députée Européenne, vice-présidente de la région Nord-Pas-de-Calais et première adjointe à la mairie d’Hénin-Beaumont. Elle est également membre du bureau National du Parti Socialiste. |