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De la corruption en milieu tempéré...
Par Bernard Fauconnier

Qu’est-ce que la corruption, quand il ne s’agit pas de celle des corps, de l’altération de leur substance par décomposition ? C’est une très vilaine action. Taper dans la caisse, profiter d’avantages indus, soudoyer par bakchich ou dessous de table, les moyens ne manquent pas. Il y a peu, un jeune crétin dont j’ai oublié le nom, libéral bas de plafond, a publié un essai sur la corruption dont on a un peu parlé : il en faisait l’apologie, au nom de la circulation nécessaire des richesses échappant au contrôle des Etats, et de la fluidité des substances. En somme, la corruption c’est la vie même. Ce qu’il y a de bien avec l’ignominie, c’est qu’elle trouve toujours ses thuriféraires.

Dans nos contrées tempérées et démocratiques, il est une forme de corruption que l’on constate quotidiennement, c’est la place indue qu’occupent beaucoup de gens par rapport à leur valeur réelle. Combien usurpent des postes ou des fonctions pour lesquels ils ne sont pas faits, mais qui leur sont attribués par la voie des réseaux, des connivences, des relations familiales, ou simplement par le fait de s’être trouvés là au bon moment, ce qui est après tout une forme de talent. Oui, je sais que Beaumarchais a fait dire à peu près la même chose à Figaro il y a plus de deux siècles, et qu’en toute chose, dans un monde corrompu, le savoir-faire vaut mieux que le savoir. Mais c’était sous l’Ancien Régime, et on pourrait croire que… Ben non, ça continue tout pareil. Ouvrez les yeux. Dans la politique, les médias, la culture, la littérature, incessamment et depuis vingt ou trente ans, vous retombez invariablement sur les mêmes nullités faisandées, dont il semble impossible de se débarrasser. De qui veux-je parler ? De Michèle Alliot-Marie ? Allons, pas d’acharnement, il y en a tant d’autres. Tout de même, on aimerait savoir quels dossiers compromettants elle détient sur les uns et les autres pour se retrouver ministre à chaque gouvernement, depuis si longtemps.

A propos de corruption, je ne vois pas d’autre mot, il en est une que l’Etat envisage d’organiser tranquillement au profit de certains de ses fonctionnaires. Une lettre circule ces temps-ci dans les établissements scolaires, celle d’un proviseur retraité, adressée à Luc Chatel, ministre de l’Education (on ne rit pas, au fond !). Ce proviseur, la mort dans l’âme, rend ses Palmes académiques, ce hochet qui récompense les pédagogues méritants. La raison ? Michel Ascher, c’est son nom, est écoeuré de la politique du ministère qui envisage de verser des primes aux proviseurs et aux recteurs en fonction de leur zèle à faire régner la terreur managériale, façon gestion libérale, et à dégraisser les établissements. Et pas petites, les primes.5000 à 6000 euros aux proviseurs, 15000 à 22000 euros aux recteurs, en fonction des objectifs atteints. « Ouvrez une école, disait Victor Hugo, vous fermerez une prison. » Grâce à M. Chatel, il va falloir songer à construire des prisons. Heureuse perspective : quand le bâtiment va, tout va.

Chronique parue dans Témoignage chrétien du 10 février 2011


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